Jacques BOUTHIER, adjudant-chef de la Coloniale puis des Troupes de Marine

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Jacques BOUTHIER, adjudant-chef de la Coloniale puis des Troupes de Marine

Message  Ramuncho le Mar 6 Mar - 9:52

Rappel de la carrière de Jacques BOUTHIER, adjudant-chef de la Coloniale puis des Troupes de Marine, fait Officier de la Légion d’Honneur par le général Patrick PACAUD le 17 septembre 2011 à BAILLARGUES
Né en 1931, Jacques Bouthier suit la préparation militaire « para » en 1948 et s’engage à 18 ans au 1er BCCP (bataillon colonial de commandos parachutistes) de St Brieuc où il est breveté parachutiste (BP 29153).
Volontaire pour l’Extrême Orient, après avoir suivi le peloton de caporal, il débarque à Saïgon en décembre 1949, retrouvant un pays qu’il avait

apprécié dans son enfance, son père travaillant en Indochine à titre civil avant la Deuxième guerre mondiale.
Radio du commandant du GC2, il est blessé en février 1950 à la frontière de la Cochinchine et du Cambodge. Inapte temporaire TAP, il suit le peloton de sous-officier à Thu Dau Mot.
Promu caporal-chef, affecté au 1/22ème RIC, à Bien-Hoa, chef de groupe, il commande des tirailleurs et des partisans locaux. Mais le général de Lattre rappelle des renforts au Tonkin et Jacques est affecté au bataillon Muong, blessé au cours de la bataille de Vinh Yen (16 janvier 1951). Le grade de sergent lui permet bientôt d’être à la tête d’une section. Jacques est de nouveau blessé (déc.1952) au cours d’une ouverture de route (Long Than).
Après 3 ans de séjour en Indochine, 3 mois d’hôpital et de CFC, le sergent Bouthier rejoint le 5ème RTS à Fez, au Maroc où il ne sert que 9 mois, repartant pour l’Indochine à sa demande fin 1953.
Affecté aux Forces supplétives du Tonkin, il prend le commandement d’une section de partisans puis d’un commando (90 hommes) à la frontière de Chine (secteur de Coc Pat), avec pour mission principale le renseignement sur les mouvements vietminh à destination de Dien Bien Phu. Après la chute du camp retranché, il prend le commandement de la 250ème Cie de partisans à Nam Dinh. Avec cette compagnie, il participe à la couverture du repli des troupes françaises sur Hanoï, subissant de lourdes pertes à Nam Dinh et Phu Ly.
En août 1954, Jacques est affecté au 1/23ème RIC et détaché au bataillon des « Becs d’Ombrelle », entièrement constitué de nung (ethnie installée à la frontière de la Chine). Avec 150 célibataires de cette unité, Jacques rejoint Tourane (qui deviendra Da-Nang) puis la division Sang (du nom de son général nung) à Phan Rang, avant qu’elle ne soit intégrée dans l’Armée sud-vietnamienne. Il est alors affecté au 1/19ème RMIC composé de thaïs laotiens avec lequel il rejoint le Laos à l’été 1955.
Il passe alors au 5ème BIC, unité française en garnison à Seno (Laos) et y restera jusque fin 1956.
Durant ce deuxième séjour en Indochine, Jacques est nommé sergent-chef et reçoit la Médaille militaire à titre exceptionnel.
Les « événements » d’Algérie prennent mauvaise tournure. Le sergent-chef Bouthier, après un bref congé en métropole, est affecté au 4/44 RI. Il ne tarde pas à y prendre le
commandement d’une harka, forte de 120 hommes, qu’il a lui-même constituée, stationnée à El Alia (secteur de Philippeville, Skidda aujourd’hui).
Deux citations viennent s’ajouter au 3 qu’il avait gagnées en Indochine.
Nommé adjudant en 1959, après 30 mois de séjour, Jacques est successivement porte-fanion du général (A) Salan, gouverneur militaire de Paris puis du général (A) Garbay, inspecteur des Troupes d’outre-mer.
Affecté BIMAP-NC (Nouvelle-Calédonie) en juin 1961, Jacques commande la section d’éclairage et d’appui puis crée le peloton blindé et finit son séjour de 4 ans chargé du Service général.
A son retour en métropole, l’adjudant-chef Bouthier rejoint le CFIT (Centre de formation des Instructeurs de Tir) à Montauban où il servira 3 ans avant de repartir pour le Gabon, à la MAM (mission d’aide militaire), comme chef du secrétariat de l’Etat-major de l’Armée Gabonaise avant de participer à la formation du commando para.
Rapatrié en fin de séjour, Jacques fait valoir ses droits à la retraite et quitte le service actif à 39 ans en 1970, après 22 ans sous les drapeaux, près de 15 ans hors métropole dont plus de 7 sur des théâtres de guerre.
Notre camarade a rarement servi dans des unités régulières. Son ouverture d’esprit, sa haute moralité, son intelligence, son courage tranquille et sa capacité à remplir la mission, même très éloigné de tout supérieur, en font un sous-officier exceptionnel qui a toujours eu l’estime de ses chefs et la confiance de ses subordonnés, type de sous-officier dont s’honore les Troupes de Marine.
Médaillé militaire, croix de guerre TOE avec 3 citations, croix de la valeur militaire avec 2 citations, 3 blessures de guerre, invalide à 85%, Bouthier est fait chevalier de la Légion d’Honneur en 2000 a reçu la croix d’officier des mains du général Patrick Pacaud le 17 septembre 2011.


Ramuncho

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Re: Jacques BOUTHIER, adjudant-chef de la Coloniale puis des Troupes de Marine

Message  Admin le Mar 6 Mar - 13:02

Bonjour,

Merci pour ces photos et ces informations sur ce grand ancien !
Un ancien du 22 qui plus est. Il méritait bien cette décoration.

cordialement,
Antoine.

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