Le parcours d'un marsouin du 3e bataillon thaï

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Re: Le parcours d'un marsouin du 3e bataillon thaï

Message  SixOfOne le Mar 10 Jan - 19:59

Oui effectivement, j'ai situé les 3 villes/villages, elles sont au nord de Cao-Bang. Mais après réflexion, cela fait tout de même très loin de sa région d'activité habituelle... Et si je vais plus avant dans la réflexion, si il était sous les ordres de Bole du Chaumont au sein du BT3, il devait probablement faire du renseignement dans la région de Lao-Kay et Lai-Chau... Il y avait assurément d'autres officiers du renseignement pour la région Est du Tonkin. Pour le fait d'avoir été seul le jour où il a faillit se faire capturer c'est exactement ce qu'il nous raconté, ensuite, de là à tirer une conclusion générale sur le fait qu'il était seul dans 100% des cas... Je ne m'y avancerait pas. Tu vois, en repensant à ce sujet, je viens de me souvenir de quelque chose : On va dire de manière générale, je ne sais où, quand et comment : lors de sa progression proche de l'objectif à surveiller, en plus des pièges classiques, il devait faire attention aux guetteurs/tireurs qui pouvaient se trouver en haut des arbres. Un jour il a eu juste le temps d'en apercevoir un au dernier moment, par réflexe il l'a tué avec son fusil et il a dû s'échapper de la zone très rapidement pour ne pas se faire repérer/capturer...

Plus j'avance, plus je relativise les éléments de départ que j'ai en ma possession. Grâce à mon travail à partir de la carte et de mes lectures, j'appréhende mieux le contexte dans lequel étaient plongés des membres du BT3. Et je compte surtout sur les JMO du BT3 pour confirmer ou infirmer certains aprioris que j'ai encore.

Dans ce message, je vous livre l'état quasi au jour le jour de mon travail de recherche, donc, en fonction de mes découvertes je modifie et modifierais le premier message.

Tiens, à propos : aurais-tu de l'information au sujet du poste de Phu-Yên (je pense que c'est le Phu-Yen au sud de Phu-Yen-Binh à l'est du fleuve rouge) ? Attaqué en 1950 ou 1951. Je connais la ville de Phuc-Yen et encore la province de Phu-Yen, mais elles n'ont rien à voir avec le Phu-Yên que je cherche. Ce fameux Phu-Yên est brodé sur le souvenir d'indo de mon père. Merci par avance !

Bonne soirée, Philippe.

SixOfOne

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Re: Le parcours d'un marsouin du 3e bataillon thaï

Message  lr le Mar 10 Jan - 20:18

bonjour

et tu situerais ton Phu Yen en pays thai ?

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Re: Le parcours d'un marsouin du 3e bataillon thaï

Message  SixOfOne le Mar 10 Jan - 20:41

Tu le verras sur la première carte que j'ai posté. Tu repères la piste Bac-Quang / Yen-Binh-Xa / Ban-Hoa (trait vert à l'Est du fleuve Rouge), arrivé à Ban-Hoa, tu verras Phu-Yên sur la gauche, non loin de Yen-Bay.

SixOfOne

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Re: Le parcours d'un marsouin du 3e bataillon thaï

Message  lr le Mar 10 Jan - 20:44

bonjour

effectivement en pays thai..j'ai un Phu Yen dans la region de Son La mais je n'arrive pas a le trouver sur les cartes dont je dispose. si tu trouves Ban Puoi ca devrait pas etre loin !
j'ai consulte le bouquin: monographie sur le pays thai
il y est meme precise dans un encart: "le Phu Yen fut libere en 1947 apres la reprise des hostilites"

lr study

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Re: Le parcours d'un marsouin du 3e bataillon thaï

Message  SixOfOne le Mar 10 Jan - 20:55

Merci pour l'info, je vais chercher avec Ban Puoi !

EDIT : Ban-Puoi terrain opérationnel : 4C1149


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SixOfOne

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Re: Le parcours d'un marsouin du 3e bataillon thaï

Message  lr le Mar 10 Jan - 21:10

bonjour

il est precise dans le livre precite qu'a "Ban Puoi (Phu Yen: 1000m)" il y aurait un terrain d'aviation de 1000m (?)...
ailleurs que "le Phu Yen, qui etait alors commande par un frere de Déo Van Tri fut cédé a Son La"...
etc...et j'ai peu etre loupe autres choses !!!

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Re: Le parcours d'un marsouin du 3e bataillon thaï

Message  SixOfOne le Mar 10 Jan - 21:42

Sur une autre carte Phu-Yên / Ban Puoi est orthographiée Phu-Hien sur la rivière Song Chay. Avec ces deux nouvelles identités, j'espère trouver des informations utiles à son propos ! Merci pour ton aide lr !

SixOfOne

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Re: Le parcours d'un marsouin du 3e bataillon thaï

Message  lr le Dim 26 Fév - 14:38

bonjour

j'espere que tu avances dans tes recherches

"N'hésitez pas à me faire part d'autres livres traitement du sujets des bataillons thaï ! Je suis preneur de toute source d'information sur le sujet ! Merci par avance !"

il existe aussi un autre petit bouquin sortie en 2000 chez memoires d'hommes du general Jean Sauzeau: "Lieutenant au pays Thai. Indochine 1949-1951"
ca se passe au 1°BT du cote de Nghia Lo a la meme epoque ou ton pere se trouvait lui au 3°...il y a aussi de belles photos de la region !

lr study

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Re: Le parcours d'un marsouin du 3e bataillon thaï

Message  SixOfOne le Dim 26 Fév - 16:03

Merci lr ! Pour tout dire je connais ce livre de part son titre, je compte investir en l'achetant d'ici peu. Sinon, pour le moment, je n'ai pas eu (pas pris) le temps de demander un devis à propos de la reproduction des JMO... Dès que j'ai un moment je le fais promis !

Bon dimanche, Philippe.

SixOfOne

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Re: Le parcours d'un marsouin du 3e bataillon thaï

Message  SixOfOne le Mar 9 Oct - 12:55

REFONTE DU PARCOURS DU MARSOUIN DU 3E BATAILLON THAI

MISE A JOUR DU 17 octobre 2012


Voici le parcours militaire de mon père, Georges Christian Guitton, sergent au sein du 3e bataillon thaï de décembre 1949 à mars 1952 :

Préambule :

Après s'être engagé dans un groupe de résistants charentais et avoir pris part à la libération de la poche de Royan en 1945, Georges s'est engagé en 1946 au sein du 1er Régiment de Marche du Tchad basé à Melun.
Ce 1er R.M.T. fait partie de la 2e Division Blindée qui a participé à la libération de la France.
Quelques mois plus tard, il est affecté en Afrique Equatoriale Francaise au sein du Bataillon de Marche de l'Oubangui-Chari (B.M.O.C), au Détachement Motorisé Autonome n°3 (D.M.A. 3) basé à Bouar puis au D.M.A. 1. Le 23/10/1948, il sortira major de sa promotion du Peleton d'Elève Sous Officier (P.E.S.O.) avec le grade de sergent.

Au cours de son séjour, Georges a connu quasiment tous les lieux des hauts faits d'armes qui ont fait l'Histoire de la 2e Division Blindée du Général LECLERC.


du 01/08/1949
au 01/09/1949

Affecté au Centre d'Instruction des Troupes Coloniales en Métropôle (C.I.T.C.M.)
Muté au D.R. 19 de Puget-sur-Argens
Camp Marin

Stage d'Instruction Précolonial (C.I.P.)

Venant des troupes d'Afrique, Georges faisait partie du petit nombre de militaires français aguerris aux conditions climatiques tropicales telles qu'elles seront en Indochine. De plus, ces militaires qui ont vécu hors métropole ont connu le phénomène de la confrontation culturelle avec une autre civilisation, ainsi leur capacité d'adaptation aux conditions de vie en Indochine fut plus rapide que pour la plupart des autres militaires métropolitains, ils étaient habitué à être dépaysé.


cf. Soldats d'Indochine, 1945-1954 Par Michel Bodin

Georges, accroupi au centre, entouré d'un groupe de combat qu'il encadre


Lévée des couleurs au camp Marin


Georges en ballade dans l'arrière pays de Puget-sur-Argens après la fin de son stage C.I.P. et attendant son départ pour l'Indochine


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SixOfOne

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Re: Le parcours d'un marsouin du 3e bataillon thaï

Message  SixOfOne le Mar 9 Oct - 12:57

TONKIN - BT3 - ANNEE 1949


04/11/1949

Embarque sur le ss Montbeliard à destination de l'extrême orient (quelques photo de son voyage).
J'ai effectué des recherches sur ce Liberty Ship affrété par les Chargeurs Réunis. J'ai également trouvé sur internet les mémoires d'un ancien colonial qui a tenu un journal lors de son périple de Marseille à Saïgon, ceci me permet donc d'illustrer le mois de traversée en mer qu'à vécu Georges.


cf. Un voyage entre Marseille et l'Indochine à bord du CHAMPOLLION des Messageries Maritimes en 1947 d'après les souvenirs de M. GREAL du Groupe de Tranport 503
cf. Départ pour l'Indochine le 21 avril 1949 par Jean Gourbil (Excellente description + photographies)
cf. Marseille-Saïgon par Didier VIDAL

Georges sur le ss Montbeliard au passage du Canal de Suez



07/12/1949


Georges débarque à Saïgon, stationne au camp Petrus Ky situé dans en banlieue sud.

Bien vite des camions nous attendaient et nous transportaient au fameux camp Pétrus Ky, le vrai camp du soleil, type mer de Chine, séjour gratuit. Les paillasses dispo­sées sur les lits à étages étaient bientôt traversées par notre transpiration et nous devions maintenir notre tonus pendant les quelques jours précédant nos affectations.


cf. Souvenir de gendarme en Indochine
Auteur : Georges COLLET
Souvenirs de gendarme en Indochine

Il était de tradition que le premier soir de liberté à Saïgon soit consacré à une virée à Cholon, où se côtoyaient tous les lieux de plaisir imaginables : restaurants bon marché, dancings aux cavalières payées à la danse ou à l'heure mais qui acceptaient souvent d'autres services, pensionnaires des maisons de tolérance, filles publiques indépendantes, jeunes garçons parfois. Après les premiers temps en Extrême-Orient passés dans les centres de transit comme le célèbre camp Pétrus Ky, réputé pour ses conditions innommables (ce qui explique pourquoi Cholon exerçait une fascination irrésistible en dépit de tous les dangers), les troupes rejoignaient leurs unités. Là, le plaisir du soldat prend d'innombrables nuances selon les grades, les troupes, les zones de guerre et les lieux de stationnement.


cf. Le plaisir du soldat en Indochine (1945-1954)
Auteur : Michel Bodin, Docteur ès lettres.
En indochine : Le constat


Le foyer du soldat du camp Petrus Ky


Georges pose devant les toiles de tente sous lesquelles tous vivent en attendant leur prochaine affectation



16/12/1949


Georges embarque à Saïgon à destination d'Haïphong


21/12/1949


Georges débarque à Haïphong


22/12/1949


Voyage en train de Haïphong vers Hanoi


28/12/1949


Voyage en avion de Hanoi vers Son-La

L'avion attérit sur la piste de Na-San (terrain opérationnel : 4C1152) située à une vingtaine de kilomètres au sud de Son-La (terrain opérationnel : 4C1152). Georges prend en photo d'une partie du poste.

Na-San était plus connu sous son indicatif VHF : "Torricelli Vert" ou "Torri Vert" que certains pilotes appelaient "Toricella" quand il était activé par sans doute l'une des premières femmes contrôleur d'aéronautique.


cf. La flotille 28F en Indochine


Vue de la piste de Na-San


Vue d'une partie du poste de Na-San



28/12/1949


Affecté au 3e Bataillon Thaï (C.C.B. 3), sous le commandement du capitaine Bigeard.
Quartier de Son-La (Praticabilité : 4C1399 / Terrain opérationnel : 4C1152)

Contexte historique de la région ouest du Tonkin :

Le capitaine Bigeard rencontre et tente d'analyser pour la première fois la guérilla mobile insaisissable et c'est le débarquement au Tonkin dans la baie d'Haïphong. Volontaire pour la haute région en pays Thai, sur les arrières des Viets, il se révèle un chef exceptionnel de commando. Il forme des groupes de 25 hommes qui marchent des nuits entières pour attaquer les Viets au petit matin. La colonne Bigeard exécute des attaques éclairs minutées, de façon réglée, impeccable. Alors qu'il n'a que 30 ans, on le qualifie déjà de seigneur de la guerre (le vieux, a encore réussi son coup...)

Puis c'est la reprise de Son-La sur la RC41, la tactique se rôde : renseignement, marche de nuit, arrivée près de l'ennemi à l'aube, diversion et attaque par les hauteurs, prise de Van-Yen, dégagement de Moc-Chau.

Les Thai, peuple à part, qui n'aiment par les tonkinois sont entièrement acquis. Bigeard sait qu'il faut avant tout que les troupes anti-guérillas soient renseignées, mobiles, connaissent le terrain et qu'il ne faut en rien mener une guerre classique.



Discours prononcé
par le professeur Alain Larcan
membre du jury du Prix d'Honneur et Patrie
lors de la remise du Prix 2011
à Marie-France Bigeard, fille du Général Marcel Bigeard
Prix-Honneur-et-Patrie-2011_discours


En cette fin d'année 1946, le capitaine BIGEARD commandait le 3e Compagnie du Bataillon autonome de Dien-Bien-Phu (qui deviendra plus tard le 1er Bataillon Thaï). La 3e Cie avait pour mission de contrôler une vaste zone au Nord-Est de Son-La : elle y a relevé une compagnie de la colonne Alessandri venant de Chine, commandée par le Capitaine CAZEAU futur commandant du 3e Bataillon Colonial de Chasseurs Parachutistes (B.C.C.P.).

Le terrain constitue un vaste ensemble de montagnes calcaires, couvertes de jungle. La population de Thaïs noirs vit très clairsemée dans des villages (ban) et cultive du riz de montagne pour ses besoins. Peu de pistes où les parcours sont très difficiles et où foisonnent les araignées, sangsues, serpents... Dans l'ensemble, les Thaïs nous sont très favorables.

Le PC de la compagnie est à BAN KHIENG, aux cases de bambou (forme tortue) dominé par plusieurs pitons où s'installent nos postes avancés.

[...]

La compagnie est constituée de cadres et Hommes de Troupe Européens, volontaires des 9e et 10e Division d'Infanterie Coloniale (D.I.C.), de tirailleurs tonkinois et de gardes Indochinois (venant de la colonne Alessandri), de jeunes tirailleurs Thaïs récemment recrutés à Dien-Bien-Phu et Lai-Chau. Une trentaine de partisans locaux complète l'effectif d'environ 200 personnels.

L'armement hérité des anciens d'Indochine est assez disparate et a beaucoup été utilisé contre les Japonais, les Chinois, les rebelles annamites (on ne parle pas encore de Vietnamiens). La compagnie a donc en dotation un armement Français, Anglais, Chinois, US, et Japonais avec des munitions souvent déficientes. Le ravitaillement est difficile, voire impossible. Il faut vivre sur le pays, riz, buffle, poulet ou porc local.

En sortie opérationnelle, boule de riz gluant et viande de buffle boucanée. Tout cela constitue un excellent régime diététique et tout le personnel à la ligne. Les liaisons sont donc très difficiles, et il faut compter plusieurs jours de brancardage pour les blessés acheminés vers Tuan-Giao et Dien-Bien-Phu.

L'habillement est réduit au strict nécessaire, treillis, short et chemisette, chapeau de brousse, les tirailleurs portent un casque colonial (anglais) {?} A titre anecdotique, la première casquette Bigeard a fait son apparition pendant cette période : elle était portée par le Slt GUILLEMINOT en souvenir de son maquis de 1944.

[...]

L'ennemi tenait Son-La et ses environs : de la valeur d'un Bataillon, commandé par des cadres annamites, avec des réguliers VM aguerris et des partisans Thaïs et Muong. L'armement était semblable au nôtre et avait la même provenance. Les Vietminh utilisaient souvent des pièges en bambou, les arcs avec flèches empoisonnées, lances. Par chance, pas de mines.

En somme, la 3e Cie a combattu à armes égales contre un adversaire coriace et aguerri, bénéficiant de liaisons faciles avec ses arrières par la route Hanoi - Dien-Bien-Phu (RP41).

Sous l'impulsion de son Capitaine, la compagnie est très opérationnelle, et son activité permanente. D'abord, les postes doivent être installés, les défenses (en bambou) organisées, les blockhaus construits. Les sections rayonnent autour des postes, et ce sont des patrouilles, embuscades, coups de main et reconnaissances lointaines vers Son-La ou la RIVIERE NOIRE.

[...]

Le moral de tous est au plus haut avec un BIGEARD ardent, dynamique, infatiguable, toujours près de ses hommes. Il participe activement aux opérations et effectue des liaisons plusieurs fois par semaine pour inspecter les postes. Ce sont donc des marches de 10 à 20 km par des pistes de brousse souvent piégées par des petits piquets de bambou ou grenades.

La 3e compagnie est maintenant à BAN KHIENG depuis 4 mois ; elle tient bien son "sous quartier". Le 20 décembre 1946, un ordre d'opération transmis par message chiffré prévoit la prise de Son-La pour le 1er janvier 1947. Aussitôt, BIGEARD prend ses dispositions, et le 25 décembre ordonne au Slt GUILLEMINOT de tracer une piste dans la jungle pour éviter les avants postes viets. Après 2 jours de "crapahut" GUILLEMINOT rentre de sa mission et signale qu'il n'y a aucun point d'eau sur le parcours très difficile, mais hors de portée des Vietminh.

Le 27 décembre, la compagnie fait mouvement vers son objectif Son-La. Après 16 heures de marche dans la jungle, sans eau, elle débouche sur la route Son-La - RIVIERE NOIRE, le 29 à 8 heures. Elle progresse vers Son-La qu'elle atteint et occupe vers 11 heures après quelques accrochages avec les Vietminh. La ville est totalement détruite. La compagnie ne s'y attarde pas et le 3 janvier effectue une reconnaissance vers la RIVIERE NOIRE, à Ta-Bù, en bousculant un élément rebelle à Muong-Bû. La liaison est effectuée à Ta-Bù avec le groupement des partisans de la RIVIERE NOIRE, sous les ordres de l'inspecteur de la garde indochinoise, Mr LEROI, gendre de DEO VAN LONG, grand seigneur Thaï. La compagnie rejoint Son-La où elle peut prendre quelques jours de repos. Le capitaine BIGEARD réorganise alors la compagnie : il la divise en 6 sections de 2 groupes plus manoeuvrables en Haute Région.

[...]

La progression reprend vers le 15 janvier , l'objectif lointain du bataillon étant CHO-BO - Hoa-Binh au débouché du delta du Fleuve Rouge, l'ennemi nous attend et nous nous heurtons à des résistances à hauteur de Na-San. Le Slt FRANÇOIS est tué en donnant l'assaut, la compagnie manoeuvre et réussie à refouler l'ennemi qui se replie vers le sud. La poursuite est lancée et nous reprenons le contact à Chien-Dong où de nouvelles résistances sont neutralisées après l'assaut des 2e et 5e Sections. Les VM ont des pertes sérieuses mais se retranchent à Yen-Chau que la compagnie enlève le 7 février.

Les opérations marquent une pause et la 3e compagnie établit un poste à BAN-THINH. Rapidement, sont bâties : défenses (murets et herses de bambou), cases en bambou pour chaque groupe, stade, le tout en style BIGEARD : efficacité et maximum de confort. Des postes gardent les pitons rocheux dominant le poste. Le moral est au plus haut et BIGEARD toujours égal à lui-même. Dans cette ambiance, la compagnie reprend des forces et peut effectuer de nombreuses sorties et patrouilles, embuscades et reconnaissances lointaines vers Ta-Khoa, sur la RIVIRE NOIRE ou vers Moc-Chau (RP41).

[...]

Le 3 mai, la 3e Cie reprenait sa marche vers l'Est et son objectif était Van-Yen en pays MUONG. Elle franchissait la RIVIERE NOIRE par surprise avec l'aide des piroguiers Thaïs malgré une résistance Vietminh, et des contre-attaques ; Van-Yen était prise le 6 mai. La Compagnie y pris ses quartiers, et repris ses activités normales de contrôle du sous quartier avec des reconnaissances profondes vers Thu-Cuc, la RIVIRE NOIRE, Moc-Chau.

En septembre 1947, le Capitaine BIGEARD quittait le commandement de la 3e Compagnie, remplacé par le Ltn LOGIER. Une magnifique citation à l'ordre du Corps d'Armée, rare à l'époque pour des unités isolées, vient récompenser et reconnaître les grands mérites d'une compagnie opérant en Haute Région avec des moyens limités, sans appui d'artillerie ou d'aviation.

Le capitaine BIGEARD a gardé un souvenir inoubliable de cette campagne en Pays Thaï où il a pu exercer son commandement en pleine force physique et morale, faisant preuve d'initiatives et d'une activité inlassable.

Elle lui a fait prendre conscience de sa valeur de chef aimé et respecté par tous ses subordonnés. Il a montré sa préférence pour une action loin de toute autorité trop pesante.

[...]



"Bigeard en pays thaï"
rédigé par Le Colonel H. DUTEIL
le-capitaine-bigeard-en-pays-thai-1946-1947



Le 1er octobre 1949, Bigeard quitte les TAP pour mettre sur pied à Son-La le 3e bataillon thaï fort de 2 530 hommes encadrés par des officiers et sous-officiers paras français. Ce 3e bataillon Thaï est organisé en 5 compagnies régulières, 9 compagnies de gardes civils et de supplétifs militaires. Façonnée à la Bigeard et servie par des officiers qui feront leur chemin (Bôle du Chaumont, Faure, Godard, etc.), l'unité obtient de beaux résultats. D'octobre 1949 à avril 1950 ce bataillon éliminera le pays Thaï des Viets.


cf. Condensé de diverses sources.

1er octobre 1949,
[...]
j'ai réussi à me faire affecter au 3ème B.C.C.P. (commandos parachutistes) avec le grade de lieutenant.
J'y ai passé mon brevet de parachutiste.
[...]
Nous formons maintenant le 3ème bataillon thaï sous le commandement du capitaine Bigeard.
Nous occupons le terrain et le sécurisons tout autour de Son-La.



cf. Extrait d'une lettre d'un certain Lieutenant Roger...
Les hirondelles dans la tempête




A son arrivée au corps, Georges est affecté à la La C.C.B. 3 est-ce la Compagnie de Commandement du Bataillon numéro 3 ? Compagnie de Combat ?

Le bataillon était alors tout jeune puisque créé deux mois plus tôt, en octobre 1949.

Georges a occupé le poste d'artificier de la citadelle de Son-La (photos et commentaires de sa main). Quelques photo de Georges en uniforme de tirallieur et uniforme américain. Photo de lui avec son groupe de tirailleurs qui revient de faire sauter de vieilles munitions.



cf. Anecdote personnelle de Georges.


Vue de l'entrée de la citadelle de Son-La


Georges, à gauche, devant l'entrée principale de la citadelle de Son-La


Vue intérieure de la Citadelle de Son-La
Lorsqu'il était à Son-La, Georges travaillait dans le premier bureau que l'on apercois à droite de la photo




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Re: Le parcours d'un marsouin du 3e bataillon thaï

Message  SixOfOne le Mar 9 Oct - 12:59

TONKIN - BT3 - ANNEE 1950



Jusqu'à cette époque, les opérations en Indochine ont consisté en une lutte de guérillas, le Vietminh organisant peu à peu son appareil militaire. A partir de 1950, cette guérilla se poursuit au Sud et au Cambodge tandis qu'au Tonkin, après l'occupation de la frontière par les troupes communistes chinoises, la lutte va devenir de plus en plus dure ; le Vietminh profitant d'une aide considérable en matériel en provenance de la Chine et même de la Russie. Des unités militaires allant jusqu'à la division sont alors formées sur le sol chinois, unités dont le mordant va être de tout premier ordre.

Si jusqu'à l'automne nous avons conservé l'initiative et poursuivi l'occupation du delta tonkinois, le Vietminh, fort de ses effectifs, attaque en masse et contraint en septembre les forces franco-vietnamiennes à quitter Cao-Bang où les colonnes Charton et Lepage en retraite de Cao-Bang et Thaï-Khé sont anéanties le 6 octobre (900 hommes sur les 3500 arrivent à se dégager, à la suite de rudes combats). A l'annonce de cette défaite le gouvernement français, harcelé par l'opinion publique, envoie sur place le 17 octobre Monsieur LETOURNEAU et le Général JUIN afin d'examiner les problèmes.

La pression Vietminh continuant, nous évacuons Lang Son le 18 octobre, puis Lao-Kay le 2 novembre. Suite à l'évacuation de Lao-Kay, le Vietminh occupe sans peine la rive droite du fleuve Rouge jusqu'au confluent de la rivière Noire. Hoa-Binh et Hung-Hoa sont alors abandonnées par nos forces, Hanoi étant alors directement menacé.

Début décembre, le Vietminh exerce un effort continu sur la ligne Haïphong - Hanoi, tandis qu'il attaque la région de Monkay - Tien-Yen. Les forces franco vietnamiennes résistent, mais le 18 décembre le poste de Dinh-Lap doit être évacué à son tour, accentuant la menace sur les charbonnages de Hon-Gay et Haïphong. Entre temps, le 6 décembre, le Général de LATTRE de TASSIGNY est nommé haut commissaire en Indochine et commandant en chef et arrive sur le terrain le 17 décembre.

Au point de vue des effectifs la situation de l'Armée de terre en décembre 1950 est assez précaire. Les lourdes pertes subies durant l'été et l'automne (près de 4300 hommes) n'ont pas été comblées. Les effectifs s'élèvent à 141 000 hommes français auxquels il convient de rajouter 41 000 supplétifs. En revanche la situation en matériel se présente beaucoup mieux, grâce à l'aide militaire américaine apportée dès le mois de juillet.



cf. Site internet : Le poste des choufs
La guerre d'Indochine


??/02/1950
(estimée)


De passage au poste de Phieng-Ban (Province de Son La, Vietnam)

Sur la piste au sud-est de Son-La :

  • Son-La,
  • Chieng-Dong (Province de Son La, Vietnam),
  • Ta-Khoa (District de Bac-Yen, Province de Son La, Vietnam),
  • Phieng-Ban (Province de Son La, Vietnam),
  • Ban-Mo (District de Van-Chan, Province de Yen-Bai, Vietnam)



Réf. carte de l'Indochine appartenant à Georges
La piste Phieng-Ban / Ban-Mo est en vert foncé


Pendant un repos, juste avant la grande opération du pays Thaï avec le Capitaine Bigeard.
La photo est prise de trop loin pour que l'on voit si Bigeard est présent ou pas au sein du groupe. Quelle opération ? Quelle date exacte ? Par déduction entre janvier et avril 1950 puisque Bigeard va quitter le 3e BT en avril 1950.



cf. Anecdote personnelle de Georges.


Georges assis sur les marches menant au poste de Phieng-Ban. De là à savoir si l'autre européen qui porte un chapeau de brousse est le Capitaine Bigeard ou pas... Il eu fallut que la photo soit prise de plus près.



10/02/1950

Kim-Ouh, province de Phu-Yen (Tonkin),
† Caporal Roger René CHANUDET,
2e Régiment de Tirailleurs Algériens, tué à l'ennemi. Tué au combat lors de l'attaque de son poste.

du 11/02/1950
au 16/02/1950


(à confirmer)

Georges participe à l'opération S.A.N.O. (cote 10H 1645, opération en 1950)
(dégagement de Pho-Lu, 11-16 février 1950 : à confirmer)

Sous quelle forme tout ou partie du B.T.3 a-t-il pris part aux opérations S.A.N.O. ?


cf. Note manuscrite sur manuel du so d'infanterie - Tome 1

cf. SHAT Inventaire des Archives de l'Indochine - sous-série 10H (1857-1956) Tome 1
cf. SHAT Inventaire des Archives de l'Indochine - sous-série 10H (1857-1956) Tome 2

cf. Les ailes te portent: le "Baron" raconte
Par Guillaume de Fontanges

Confirmer s'il s'agit bien de la même opération vue du côté Viet-Minh :
cf. CLASSEUR N° 71 : L’ARMEE VIETNAMIENNE 1950-1952

18/03/1950

Anniversaire : Georges fête ses 22 ans


22/03/1950


Parachutage sur Yen-Chau, l'heure de vérité pour mes hommes. Les événements finissent par s'accélérer. Le poste de Yen-Chau en Haute Région vient d'être... 22 mars 1950. Tonkin. Convoi de ravitaillement vers le poste de Binh-Lien.
Opérations dans la région de Nghia-Lo (Province de Yen-Bai, Vietnam).


cf. Ma guerre d'Indochine
Auteur : Marcel Bigeard
Cartonné: 160 pages
Editeur : Editions du Rocher; Édition : Nouvelle (6 mai 2004)
Collection : Documents
Langue : Français
ISBN-10: 2268050572
ISBN-13: 978-2268050577
books.google.fr



Le lieutenant Alexandre Le Merre a fait la guerre d'Indochine entre 1950 et 1952 avec des supplétifs.
Il raconte la découverte de sa compagnie du 3ème bataillon thaï en 1950 :

Une compagnie de supplétifs avait un tableau d'effectifs de 120 bonshommes. L'armement était léger : 4 FM, 9 PM, 3 pistolets et le reste en fusils (...).

Restait la troupe qui, à première vue, était un ramassis ou un troupeau de braves nha qués, désignés comme volontaires par leur chef de village. Mais, à l'usage, ils se révélèrent tous fidèles, gentiment disciplinés, et très fiers d'être des "partisans", terme sous lequel ils se désignaient ; par ailleurs, ils étaient tout contents d'échapper aux corvées et impôts du villageois moyen et à la tutelle des notables locaux, étaient sûrs de manger tous les jours à leur faim, et avaient la fierté de porter un fusil. Aucun sentiment politique, sinon la haine du Viet, c'est-à-dire de l'annamite, venu porter la guerre et ses désolations chez eux, alors qu'ils vivaient en paix depuis cinquante ans, sous l'égide d'une France très lointaine et plutôt mythique.

Les Viets ne leur ont pas pardonné cet attachement à notre pays, et la littérature publiée à Hanoi est éloquente : fortement encadrés par les commissaires politiques, organisés en brigades de choc, "on leur a appris à mettre en valeur un pays qu'ils négligeaient". Puis on les a peu à peu noyés sous des vagues d'émigrants amenés du Delta. Enfin, restait à les accabler moralement, en dressant contre eux les malheureuses minorités, comme les Méos ou les Xas, qu'en bons disciples des colonialistes ils opprimaient et même décervelaient en leur niant toute culture.


cf. Extrait de l'article Les Supplétifs en Indochine
rédigé par Antoine Junqua, membre du Souvenir Français.
Indochine - Les suppplétifs en Indochine



Les supplétifs étaient volontaires, recrutés dans un village ou groupe de villages, pour en assurer la défense dans des postes et parfois faisaient de la recherche de renseignement.

Les supplétifs étaient regroupés en Compagnie de Supplétifs Militaires (C.S.M.), dont l'appellation variait parfois en Compagnie Légère des Supplétifs Militaires (C.L.S.M.), Détachement de Supplétifs Autochtones Vietnamiens (D.S.A.V.), Compagnie Légère des Supplétifs Vietnamiens (C.L.S.V.), Compagnie Laotienne des Supplétifs Vietnamiens (C.L.S.M.) ou Compagnie Légère des Supplétifs P? (C.L.S.P.) ; une Compagnie de Supplétifs Militaires (C.L.M.) était administrée par le bataillon de secteur qui fournissait donc l'encadrement (généralement un sous-officier et 2 ou 3 petits gradés), une dotation en armes et une dotation variable en argent pour que le Sergent ou Sergent-Chef équipe ses troupes (souvent en ayant alors recours à une "caisse noire" agrémentée de rapines chez l'ennemi).



??/03/1950


Georges est chef de section de la 53e Compagnie Légère des Supplétifs Militaires (C.L.S.M.)

Dédiés à des missions de secteurs essentiellement :
intégrés dans des Compagnies de Supplétifs Militaires Compagnie des Supplétifs Militaires (C.S.M.), 140 hommes) ces combattants irréguliers étaient employés soit à des missions défensives en tenant les postes aux lisières des villages soit en accompagnement des unités régulières en opérations. Dans ce dernier cadre, ils offraient l'avantage d'un éclairage efficace, de savoir déjouer les pièges, de connaître les méthodes et le camouflage propres au milieu.

Les compagnies les plus légères, appelées Compagnie Légère des Supplétifs Militaires (C.L.S.M.) prirent aussi l'appellation de Commandos (Vanderberghe) et menaient des actions d'infiltration/coup de main dans la profondeur.


cf. Indochine : les supplétifs militaires et les maquis autochtones
rédacteur : Lieutenant-colonel Jean-Vincent BERTE, Collège Interarmées de Défense
Indochine : les supplétifs militaires et les maquis autochtones



Georges était chef de poste.

Au cours de la construction du poste, il avait fait piéger tous les blockhaus. Ils ont été assaillis par le V.M. pendant quelques jours. Alors que tout était perdu, Georges a fait mettre tous les survivants dans le blockhaus central, a déclenché une charge pour en obstruer l'entrée. A présent, il s'agissait de se faire passer pour mort et tenir le plus longtemps possible. Une fois que les assaillants ont compris la situation gagnée, après avoir fouillé une bonne partie du poste, ils ont crié victoire ! Détendus, ils savourent la victoire en chantant et tirant des coups de feu puis ont abusé du choum (alcool local à base de riz).

Profitant de ce moment de relâchement, Georges donne l'ordre de déclencher les explosifs. Un déluge de feu s'abat sur les assaillants...

Lorsque le petit groupe de survivants n'a plus entendu âme qui vive en surface, il s'est mis à déblayer le passage vers la lumière.

L'arme au poing, ils ont inspecté le périmètre et n'ont pas trouvé âme qui vive. Les rescapés de ce déluge n'ont pas demandé leur reste et ont fuit sans se retourner.

Le poste fut ainsi sauvé de la main mise du V.M.


cf. Anecdote personnelle de Georges.

J'illustre les propos de Georges par le courrier ci-dessous qui démontre que parfois, après une attaque de poste, il ne restait que fort peu de rescapés pour raconter ce qu'il s'est passé...

Ancien d'Indochine, faisant parti d'une unité parachutiste nous sommes passé au poste de Pho-Rang où nous sommes resté 24 heures un peu après à la date que vous indiquez, je n'ai donc pas eu la possibilité de rencontrer votre père, je veux juste vous dire qu'après cette courte pause nous avons quitté Pho-Rang pour rejoindre le poste de Bao-Ha sur le fleuve Rouge où nous sommes arrivé tard dans l'après-midi, là, nous avons appris que le poste était attaqué, il a résisté héroïquement, c'était un petit poste, il y a eu seulement un seul rescapé que nous avons récupéré le lendemain matin, c'est peut être là raison de vos difficultés à obtenir des renseignements.

Amitiés Alain Hédal


14/05/49 - Sous-Lieutenant Jean-Claude LAURENCEAU 2e bat Thaï



Au cours de l'année 1950, jusqu'à la fin de l'été, à la tête de sa section de la 53e C.L.S.M., Georges livre des combats pour libérer les villages de la présence du V.M.


  • Muong-Chien (Ngọc-Chien, Province de Yen-Bai, Vietnam)
  • Muong-Bû (Province de Son La, Vietnam)
  • Muong-Chum (Province de Son La, Vietnam)
  • Muong-Khieng (District de Thuon-Chau, Province de Son-La, Vietnam)


En 1947, cette même région avait déjà fait l'objet d'un nettoyage des éléments vietminh implantés là, par les hommes du capitaine Bigeard.

Réf. carte de l'Indochine appartenant à Georges
La piste vert clair au nord de Son-La



Le capitaine Bigeard demande à ses hommes, breveté para ou pas, de sauter pour dégager des camarades en difficulté. Pendant cette période Georges saute de jour comme de nuit sur des postes tenus par le V.M. Il a sauté Dakota et de Nord 2501 Noratlas.

Lors d'une opération il s'est mal réceptionné à l'atterrissage, il s'est foulé la cheville... Il a souffert le martyr tout au long de l'opération.


cf. Anecdote personnelle de Georges.



Une fois, en départ de mission, le temps était si orageux et venteux que la carlingue de l'avion craquait de tout son long.
Georges était assis avec une vue directe sur l'aile en face de lui. Cette aile bougait tellement qu'il n'avait pas d'appréhention pour la mission qu'il allait accomplir mais plus peur que l'aile se brise et que l'avion s'écrase au sol !


cf. Anecdote personnelle de Georges.



Lettre du 10 octobre 1950, Hanoï

Notre capitaine (il s'agit de Bigeard) a été relevé de son commandement parce-qu'il avait osé dénoncer, preuves à l'appui, le trafic de piastres.

C'était monté jusqu'au ministère et l'armée avait reçu l'ordre de déplacer le capitaine.
Nous, ses lieutenants, avons écrit une lettre justifiant sa présence à notre tête, étant l'âme de notre bataillon.
Nous n'avons reçu aucune réponse, le général ayant comme on dit "la corde au coup".

Avec le nouveau capitaine nous avons poursuivi le refoulement du viêt-minh vers la frontière chinoise au Nord.
Avec mon commando, je fus chargé du renseignement, sur les déplacements viets, obtenu dans les villages Méo et Thaï dont les habitants sont les ennemis des communistes.

Nous soupçonnons l'existence de camps d'entraînement viets à la frontière chinoise, armés par Staline et Mao.


cf. Extrait d'une lettre d'un certain Lieutenant Roger...
Les hirondelles dans la tempête

Promu Lieutenant le 10 juin 1949, Bernard Bole du Chaumont est officier de renseignement du 3ème Bataillon Thaï où il surveille la frontière de Chine. Il rentrera en métropole en juin 1950.

cf. association "les amis de raoul salan" 24, rue alain Chartier - 75015 Paris
Bulletin N°5, 2e trimestre 2005
In memoriam Bernard Bôle de Chaumont
"les amis de raoul salan"
Bulletin N°5, 2e trimestre 2005

Le courier du Lieutenant Roger confirme une anecdote de Georges :

Au cours d'une période, Georges est recruté par le 2e bureau, probablement par le Lt Bernard Bole du Chaumont, pour réaliser des missions de renseignement derrière la frontière de Chine (cf. la photographie d'un village sur la frontière de Chine). En plus de ses qualités de soldat, il est sélectionné parce qu'il est un bon photographe amateur et possède son propre matériel photographique.

Au cours de l'une de ces missions, du côté chinois de la frontière, il a falli se faire capturer, il a eu juste le temps de prendre ses jambes à son cou en laissant derrière lui son bel appareil photographique ainsi que ses objectifs.

Il arrêtera de faire ces missions après cette mésaventure.


cf. Anecdote personnelle de Georges.


24/04/1950


Muong-Bû, † Sgt/C Pierre LARDIN, 3e bataillon Thaï, Décédé accidentellement par noyade.


juillet 1950
(estimée)


Muong-Bû (Province de Son La, Vietnam).
Georges dirige les travaux de construction du poste.


Une partie des supplétifs qui ont bâti le poste de Muong-Bû







01/09/1950


photo + commentaires écrits de Georges : prise de It-Ong (Canton de Muong-Traï, District de Muong-La, Vietnam) après deux jours de durs combats au corps à corps


03/09/1950


Opération à Ban-Po (canton de Muong-Traï), au nord-est de Son-La

Citation à l'ordre du régiment, ordre général numéro 660. Sur cette citation, entre autres choses, il est mentionné que Georges à la tête de sa section était à l'initiative de nombreux coups de main en profondeur derrière les lignes ennemies.


Une vue de la région de Muong-Traï, au nord-est de Son-La




Souvent à court de tout, pour garder des tenues correctes, ils étaient dans l'obligation d'utiliser la soie des parachutes pour rapiécer leur treillis.

cf. Anecdote personnelle de Georges.


09 et 10/1950


Combats dans la région de It-Ong et Lai-Chau (depuis 2007, Muang-Lay)


Un moment de détente aux abords de It-Ong, Georges se trouve au centre de la photo assis sur le rocher


Des éléments du vietminh ont été repéré aux abords de It-Ong, tout le village est en émois...


...La 53e C.L.S.M. se met en ordre de mouvement...


...La 53e C.L.S.M. se met en route pour intercepter les éléments vietminh...



01/10/1950


Et puis, en octobre, un nouveau et vrai patron arriva le Commandant Vaudrey (Roland, Scipion, Hannibal).

J'arrivais à Son-La au moment de la passation de commandement entre un grand Capitaine au calot de tirailleur marocain et son successeur, le commandant Vaudrey. Ses parrain et marraine lui avaient sans conteste tracé sa voie. Pas très grand, piaffant d'énergie, bourré d'imagination, souriant, c'était un chef que l'on avait plaisir à suivre. Il avait déjà fait un premier séjour au Laos et arrivé du 2e bureau de Saïgon : sa bonne étoile devait être stoppée quand, dans les débuts chaotiques de la République, cinquième du nom, il fut compromis dans le nébuleux "complot de Paris" et qu'il ridiculisa le pouvoir en s'évadant du Val de Grâce.


Son-La avait bien sûr son "hôpital", nom un peu pompeux pour une grande infirmerie. Le seigneur et maître en était le médecin-capitaine Tomari, "des troupes métropolitaines", comme il ne manquait pas de se présenter : en effet, si, à son arrivée en Indochine, son affectation lui avait paru normale, au bout d'un an il s'était fendu d'une belle épître au colonel, chef du Service de Santé au Tonkin, lui demandant d'être affecté à l'hôpital d'une grande ville, car il préparait le concours de l'assistanat. Quelle superbe inconscience ! La réponse du colonel des "Troupes Coloniales" lui fit même comprendre qu'il avait poussé jusqu'à l'outrecuidance : d'abord le Tonkin n'était pas une université, ensuite, dans les hôpitaux, les médecins coloniaux étaient beaucoup mieux préparés et compétents que leurs camarades sortis de Lyon. Tomari en avait été ulcéré. Et me faisant visiter son domaine, il poussa soudain une porte : une odeur de chairs en décomposition me prit violemment à la gorge : sur un grabat gisait un nha qué couvert de pustules et de croûtes suintantes. "Tu vois, me dit-il, moi Tomari, médecin-capitaine des Troupes Métropolitaines, j'ai sauvé un variolique... colonial".


LIEUTENANT EN PAYS THAÏ
Indochine 1950-1954
Par Alexandre LE MERRE
Editeur : INDO ÉEDITIONS
ISBN 978-2-914086-34-9
Indo Éditions

01/10/1950


Le 29 septembre 1950, l'opération de diversion "Phoque" (10 R 1259, 1642, 1648) est lancée sur Thai-Nguyen à 200 km au sud de Cao-Bang sur la RC3 sans renseignements sur la consistance des forces Viêt Minh. (Cette opération est une diversion pour soulager le replis des troupes par la RC.4)

Confiée au colonel Gambiez, elle met en ouvre un effectif de 4 500 hommes, soit 7 bataillons, une Dinassaut et l'ensemble des moyens aériens du Tonkin. Le 7e Bataillon Colonial de Commandos Parachutistes (B.C.C.P.), le PC du Groupement léger aéroporté (G.L.A.P.) et la Compagnie Indochinoise Parachutiste (C.I.P.) du 3e Bataillon Colonial de Commandos Parachutistes (B.C.C.P.) sautent sur l'objectif le 30 septembre. L'opération est un échec : l'ennemi n'est pas au rendez-vous !


Site web : forum non officiel du 3e Régiment Parachutiste d'Infanterie de Marine (R.P.I.Ma)
La bataille de la RC 4


Ainsi, ce Thai-Nguyen, depuis si longtemps à sa portée, Carpentier l'a enfin "ramassé". L'étonnant, c'est que cela s'est fait sans coup férir. Les Viets n'ont même pas défendu leur ville sacrée - l'on s'est à peine battu. Il y a eu six tués chez les français, cinquante-huit chez les Viets, dont quarante-six "régionaux". En réalité, il ne se trouvait aucune troupe viet à Thai-Nguyen, à peine quelques miliciens.
[...]
Leurs troupes, ils les gardaient pour ailleurs - pour la R.C.4 où ils attendaient les colonnes de Chartron et de Lepage.
[...]
Quand, quelques jours plus tard, commencera la débâcle sur la frontière et que, de là-bas, l'on réclamera des secours, d'immenses secours, il n'y en aura pas à envoyer. Car tout ce qui aurait pu servir à sauver les colonnes de la R.C.4 est à Thai-Nguyen, autour de Thai-Nguyen, à "pacifier", à étendre la zone d'occupation. Et l'on n'aura pas le temps de prendre toutes ces forces et de les expédier à la "vraie" bataille, à deux cents kilomètres de là, par-delà l'immense massif du Mauson.


La guerre d'Indochine
Par Lucien Bodard
Editeur : Grasset (5 novembre 1997)
ASIN: B005OW6968
Google book


page 206
[...]
Les armes françaises devaient, par définition, face à des rebelles, être victorieuses. Deux exemples : le 1er octobre 1950, le corps expéditionnaire s'empare de la ville de Thai-Nguyen, au nord d'Hanoi. Il n'y a pas de combat, le Viet-minh n'offrant aucune résistance. Le lecteur de la presse française n'en est pas moins persuadé qu'un moment majeur du conflit vient de se dérouler. "Les forces du Viet-minh en fuite vers la frontière chinoise", titre Paris-Presse. Une semaine plus tard, ces troupes en fuite ont totalement repris le contrôle de Thai-Nguyen, que les français ont "tenu" moins de dix jours.
[...]


cf. Les Communistes français et la guerre d'Indochine: 1944-1954
Par Alain Ruscio
ISBN : 2-85802-451-8
Google books

Hypothèse de tavail : Le B.T.3, en tout ou partie, aurai pu participer à cette opération lorsqu'il a parcouru la piste suivante, à l'est du fleuve rouge :


  • Phu-Luong (Phu-Luong, Tuyen Quang, Vietnam)
  • Thai-Nguyen (Thai-Nguyen, Tuyen Quang, Vietnam)
  • Ban-Hoa (Ban-Hoa, Tuyen Quang, Vietnam)
  • Yen-Binh-Xa (Yen-Binh-Xa, Province de Ha Giang, Vietnam)
  • Bac-Quang (Bac-Quang, Province de Ha Giang, Viêt Nam)


La piste de Ban-Hoa à Jen-Minh-Xa


Réf. carte de l'Indochine appartenant à Georges
Piste en bleu foncé



10/10/1950


Georges passe à Muong-Chien (Ngọc-Chien, Province de Yen-Bai, Vietnam)


Une partie de la section que commandait Georges au sein de la 53e Compagnie Légère des Supplétifs Militaires (C.L.S.M.)
Le partisan de gauche est un Thaï blanc de Lai-Chau



24/09/1950


Lao-Kay (Province de Lao Cai, Vietnam)

Sur sa carte de l'Indochine, Georges a tracé une flêche sur la route partant de Lao-Kay... Quelle en est donc la signification ? Le B.T.3 est-il parti secourir la colonne de réfugié ?

Voici une découverte :

Lieutenant-colonel Joseph TARRIDE
Citation à l'ordre de la Brigade
Ordre général N° 212 du 31.3.1951 : le Général d'Armée DE LATTRE de TASSIGNY, Haut Commissaire de France en Indochine et Commandant en Chef en EXTREME-ORIENT cite :
"Officier inspecteur technique des matériels aéroportés qui s'est dépensé sans compter au profit des Troupes aéroportées, tant dans la récupération des parachutes sur les zones de saut les plus isolées qu'au cours des missions de ravitaillement par air comme simple "largueur", dans le but de se rendre compte personnellement du comportement des matériels en service.
A accompli en particulier 13 missions de guerre dont 9 effectuées au dessus de la zone opérationnelle du Tonkin, au cours du repli de la colonne de Lao-Kay avec les ravitaillements de SINMAKAY le 24.09.1950, THAN-NGUYEN et TAPA les 10 et 11 novembre 1950."
Cette citation comporte l'attribution de la Croix de Guerre des TOE avec étoile de bronze.


cf. La spécialité des Matériels de Parachutage et de Largage dans le fil de l'histoire
figures de la spécialité

18/10/1950

Bataille de Lang-Son (Province de Lang-Son, Vietnam)
(présence de Georges à confirmer)


26/10/1950


Khe-Dao, Fraction de Yen-Bai, † Caporal Georges Maurice MOLITOR, 1er Bataillon Thaï / 2e compagnie, Tué à l'ennemi.

02/11/1950

Batailles de Lai-Chau et de Lao-Kay
(présence de Georges à confirmer)

??/??/1950

Na-San (terrain opérationnel : 4C1152)

Alors que Georges est en poste à Co-Noi, il fait une rechute sévère de paludisme, il est alors conduit à Na-San pour être évacué par avion sur l'hôpital Lanessan situé à Hanoi


20/11/1950


Chuin-Dong, province de Son-La, † Soldat Louis Jules RENAULT, 3e bataillon Thaï, Mort d'un accident en service commandé.

22/11/1950

Attribution de la Croix de guerre des Théatres des Opérations Extérieures (T.O.E.) avec une étoile de bronze.
Pour l'opération du 03/09/1950 à Ban-Po (Canton de Muong-Trai, Vietnam) situé au nord-est de Son-La.



Georges parcourt la piste au sud de Son-La


  • Ban-Chi (Province de Son-La, Vietnam)
  • Ban-Huoi-Chuoc (Province de Yen-Chau, Vietnam)


Piste bleu clair au sud de Son-La



Georges parcourt la piste au sud-est de Son-La


  • Co-Noi (Disctrict de Mai-Son, Province de Sơn-La, Vietnam)
  • Ta-Khoa (District de Bac-Yen, Province de Son La, Vietnam) (rivière Noire)
  • Ban-Pé (District de Bac-Yen, Province de Sơn-La, Vietnam)


Piste vert foncé au sud-est de Son-La


Poste de Ban-Pé, opérations dans la région de Ban-Pé


Vue aérienne du poste de Ta-Khoa sur la rivière noire.


Pendant les travaux de construction du poste de Ta-Khoa


Poste de Ta-Khoa, Georges se trouve sur la gauche de la photo


29/12/1950

Phu-Yen (Tonkin), Cité 124, † Adjudant Numa Gabriel BAEHR, 29e Bataillon de Marche de Tirailleurs Sénégalais, Tué à l'ennemi.



Dernière édition par SixOfOne le Sam 22 Fév - 17:43, édité 11 fois

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Re: Le parcours d'un marsouin du 3e bataillon thaï

Message  SixOfOne le Mar 9 Oct - 13:08

TONKIN - BT3 - ANNEE 1951



Les assauts répétés du Viêt-minh qui font rage au Tonkin en octobre 1950, menacent Hanoi, la capitale. Devant la gravité de la situation, le général de Lattre, haut-commissaire et commandant en chef en Extrême-Orient, est envoyé en décembre 1950 en Indochine.

En un mois, il rétablit la situation en rassemblant des forces neuves, en redonnant le moral au corps expéditionnaire, en remportant la bataille de Vinh-Yen (janvier 1951), et en convainquant les alliés anglo-américains d'aider la France à défendre le Viêtnam. Le général Lawton-Collins, chef d'état-major de l'armée américaine, rend visite au maréchal et lui prouve son soutien en faisant livrer du matériel.

Les combats durent toute l'année 1951 dans les secteurs de Dong-Trieu, de Mao-Khe en mars, de Phu-Ly - Nam-Dinh en juin puis de Hoa-Binh en novembre.

Le fils du général de Lattre tombe dans ces combats, et le général lui-même meurt quelques temps après.

Les images de la bataille du Tonkin défilent sans commentaire, soutenues par la musique de Wagner, qui intensifie le drame des événements.
Les tirs de canons et de chars, les bombardements, la progression des soldats à travers les marécages, les parachutages, le débarquement des troupes (depuis des LCT), illustrent le combat, qui se solde par des prisonniers vietnamiens, des blessés, des morts, des incendies.

Puis, le commentateur explique qu'après la défaite de l'ennemi, les troupes des regroupements administratifs mobiles doivent désormais rétablir la paix, protéger et soigner la population, permettre la reprise des activités agricoles, principalement la culture du riz, et la reconstruction du pays.

De janvier à novembre 1951, la guerre d'Indochine continuait avec de nombreuses batailles

  • Vinh-Yen (Province de Vinh-Phuc, Vietnam) (du 10 au 20 janvier 1951)

    Les paras au béret bleu connaissent bien le secteur de Vinh-Yen, où ils sont durement combattu, au mois de décembre 1950, autour de Huong -Canh, qui se trouve à moins de 10 km au sud-est de la ville attaquée, alors que les unités du Viêt-minh avaient durement harcelé huit postes français et réussi à en détruire deux.

  • Phu-Yên (est-ce bien ce Phu-Yen ? Présence à confirmer lors de la bataille)
  • Viet-Tri (Province de Phu-Thọ, Vietnam)
  • Mao-Khe (District de Dong-Trieu, Province de Quang-Ninh, Vietnam) (avril 1951)
  • Dong-Khe (District de Thach-An, Province de Cao-Bang, Vietnam)
  • Dong-Tien (District de Quynh-Phu, Province de Thai-Binh, Vietnam)
  • Ninh-Binh (Province de Ninh-Binh, Vietnam)
  • Nghia-Lo (Province de Yen-Bai, Vietnam) (octobre 1951) (présence de Georges à préciser lors de la bataille)
  • Hoa-Binh (Province de Hanoi, Vietnam) (débute le 10 novembre 1951) (présence de Georges à confirmer lors de la bataille)

    Du 23 novembre 1951 au 31 janvier 1952, s'y déroula une importante bataille où le Corps expéditionnaire réussit à garder le contrôle de la Rivière Noire et de la R.C. 6. Les pertes Viêt-minh furent lourdes : 3500 tués et 7000 blessés. Peu de temps après, la ville fut évacuée par le Corps expéditionnaire dans le cadre de l'Opération "Arc-en-ciel" (février 1952)

  • La bataille de la Route Coloniale N°6 (janvier 1952)


cf. Site web : Les amis francophones du Vietnam
Auteur : Maurice Vaïsse, Alain Bizard,Union nationale de l'arme blindée, cavalerie, chars
page 87
Le Général DE LATTRE DE TASSIGNY


  • 23-30 mars 1951 Victoires françaises à Dong-Trieu et Mao-Khe
  • 28 mai-20 juin 1951 Bataille du Day : offensive vietminh repoussée dans la région de Nam-Dinh. Le Vietminh subit un grave revers devant Ninh-Binh et Phu-Ly. Cette action est arrêtée définitivement le 20 juin.


  • Un autre échec en octobre se produit pour le Vietminh, lors d'une attaque lancée par eux au nord-ouest du Tonkin dans les environs de Lai-Chau en pays Thaï.
  • En novembre une vaste offensive franco-vietnamienne, nommée bataille de la rivière Noire, à une cinquantaine de km dans l'Ouest-sud-ouest de Hanoi, conduit à l'occupation de Hoa-Binh, que les troupes du Vietminh s'efforcent de reprendre vainement jusqu'au 14 décembre. Suite à cet échec, l'adversaire est refoulé sur ses positions de départ à Chapa et dans la vallée du fleuve Rouge.


cf. Site internet : Le poste des choufs
La guerre d'Indochine


01/01/1951
(estimée)


Georges est au poste de Co-Noi (Disctrict de Mai-Son, Province de Son-La, Vietnam)


14/01/1951


Son-La, province de Son-La, † Soldat Raymond Emile Lucien Louis DEBERRY, 3e bataillon Thaï, Décédé d'un accident.



Au cours d'une opération, Georges était à la tête d'une colonne de 2000 personnes

(suite à des discussions sur internet pour que ce nombre soit aussi important il pourrait bien être question d'une colonne de réfugiés que l'on extrait d'une région aux prises avec le Viêt-minh).

Ils furent pris en tenaille par une division Vietminh. Ils ont tenu 1 semaine. Les derniers jours, à court de munitions, ils ont tenu leurs positions en repoussant l'ennemi au corps à corps, à la baillonnette et au couteau (son poignard qui lui servait de baillonnette pour son fusil Garand ainsi que de couteau de lancer).

Lorsqu'ils ont été secouru, ils n'étaient plus que 20.


cf. Anecdote personnelle de Georges.

??/02/1951

Georges parcourt la piste au sud de Son-La :

  • Son-La

  • Le 19 février, Georges est de passage à Ban-Chi (Province de Son-La, Vietnam)

  • Ban-Huoi-Chuoc (Province de Yen-Chau, Vietnam)

  • Muang-Het (Houaphan, Laos) (Terrain opérationnel : 4C1151, 4C1153)


Piste bleu clair au sud de Son-La

Hypothèse de tavail : Il est fort possible que Georges fut à Muang-Het aux environs des 22 et 23 février 1951. A ces dates, Muang-Het (Houaphan, Laos) fut le lieu de combats puisque le 22 février 13 hommes de la 1ere Compagnie de Commandos Parachutistes Laotiens (C.C.P.L.) puis le 23 février 42 hommes du 3e Commando de la 1ere Compagnie de Commandos Parachutistes Laotiens(C.C.P.L.) sont venu renforcer la position.

cf. HISTORY OF MILITARY OPERATIONAL PARACHUTE JUMPS
années 1951-1962




Ban-Chi
départ en opération
Le long de la piste
Le long de la piste
Lors d'une pause


Ban-Huoi-Chuoc
De retour d'opération



















18/03/1951

Anniversaire : Georges fête ses 23 ans


20/04/1951


Ban-Chi, photo montrant qu'ils jouent avec une panthère en cage et un ours.


Le 20/04/1951, le sergent Georges Guitton du 3e Bataillon thaï à Ban-Chi, Haut Tonkin, âgé de 23 ans.



??/??/1951


Georges est nommé chef de section de la 42e Compagnie Légère des Supplétifs Militaires (C.L.S.M.)

cf. Ordre de mission signalant la sortie de l'infirmerie du 3e BT en date du 08/09/1951,
signé par le Médecin-Capitaine TOMARI, Médecin-Chef du 3e B.T. (A S.P. 58.590 le 08/09/1951)

Depuis combien de temps Georges est-il affecté à cette 42e C.L.S.M. ?



Lors d'une opération, alors que le groupe était sous le feu ennemi, tout le monde descendait en rappel une falaise pour quitter la position. Lorsque son tour arrive, Georges descent en rappel. Une fois arrivé au bas de la falaise, il apprend que son meilleur copain vient de tomber sous les balles ennemies. Il lâche alors son sac et remonte la falaise. trouve son copain, le met à l'abris. La tête de son copain était fendue en deux, une balle de mitrailleuse lui avait ouvert le crâne en deux par le dessus. Il lui a bandé fortement la tête pour la maintenir fermée, l'a mis sur ses épaules (Georges mesure 1,62m pour 50 Kg, le copain fait 1,80m et pèse 100 Kg) et lui a fait descendre la falaise. Evacué sanitaire, ce copain a eu la vie sauve.

cf. Anecdote personnelle de Georges.


20/05/1951


Opération Marguerite : je n'ai jamais trouvé d'information sur cette opération... J'ai une photo d'une colonne qui avance dans le lit d'une rivière... Avec le nom de l'opération écrit de la main de Georges.

Résultat de mes recherches :


  1. SHD, Archives de l'armée de l'air. Répertoire numérique de la sous-série 4C : forces aériennes françaises en Indochine, sommaire général de la sous-série 4 C (volumes 2 à 6 de la série C), Opération MARGUERITE référencée 4C1492.

  2. INVENTAIRE des ARCHIVES de l'INDOCHINE I SOUS-SERIE 10H (1867-1956), Tome I
    par Jean Claude DEVOS, conservateur en chef honoraire
    Jean NICOT et Philippe SCHILLINGER, Conservateurs au Service Historique de l'Armée de Terre
    CHATEAU DE VINCENNES, 1990
    (page 290 du document pdf)
    1344 Marguerite (décembre 1947 et mai 1952)
    1377 Marguerite (16 juillet 1952)


cf. SHD Inventaire des Archives de l'Indochine - sous-série 10H (1857-1956) Tome 2

Dates qui ne correspondent pas à la date inscrite sous la photo... mai 1951. De plus, mai 1952 ne peut pas fonctionner puisque Georges a terminé sa période en mars 1952 et a quitté l'Indochine quelques jours après. Le mystère reste donc toujours aussi épais...


La fameuse photo de l'opération Marguerite...



24/05/1951


Ta-Lang, province de Son-La, † Soldat Marcel Henri CERF, 3e bataillon Thaï, Tué à l'ennemi.


mai 1951
(estimée)


Georges est allé à Than-Uyen (Province de Lai-Chau, Vietnam), mais à quelle date et dans quel cadre ?
(Elément avéré puisqu'il a entouré cette ville sur sa carte d'état major et qu'il a fait broder le nom de ce village sur son souvenir d'Indochine)

Hypothèse de tavail :

Tout ou partie du 3e Bataillon Thaï est venue à Than-Uyen pour aider à la défense du poste alors qu'il est sous l'assaut du Vietminh.

Elèments à étudier :

Than-Uyen (Province de Lai-Chau, Vietnam), date estimée par rapport à la décision n° 21 publiée au JO. Le capitaine Georges BRÉTAUDEAU (Affecté au 2e bataillon Thaï depuis le 2 juin 1950) commande la garnison. Citation : Journal Officiel du 13 juin 1951 - Décision n° 21 ; à l'ordre de l'armée : [...] Commandant du Quartier de Than-Uyen, Officier dynamique et d'un sens tactique sûr [...] donnant lui-même l'exemple de l'audace et du mépris du danger dans l'assaut décisif [...].

In Memoriam Georges BRÉTAUDEAU


La Compagnie Etrangère de Ravitaillement par Air (C.E.R.A.) est céée le 1er février 1951. Elle est composée : de personnels de la Légion Etrangère, de personnels du Train et d'autochones, son effectif est de 253 hommes dont 141 Légionnaires.

Sans compter les dangers, le rôle de la Compagnie Etrangère de Ravitaillement par Air est particulièrement important lorsque les convois ne roulent plus. Les postes, encerclés ou non, font venir par air tout ce qui leur est nécessaire : ravitaillement, armes, munitions, essence, médicaments et courrier. Le transport s'effectue avec des J.U. 55.

En mai 1951, elle participe activement, au profit des Bataillons Thaï 1 et 3, aux parachutages éxécutés sur les colonnes de Thyan-Vyen.


[Commentaire : l'orthographe de la ville est très approximative, j'estime qu'il s'agit de Than-Uyen]

Son existence n'est que de huit mois, et la Compagnie Etrangère de Ravitaillement par Air (C.E.R.A.) qui s'est montrée digne de ses ainés reçoit une lettre de félicitations et de remerciement des chefs de bataillon commandant les bataillons Thaï 1 et 3.

Site web patrianostra.forum-actif
Article cera-compagnie-etrangere-de-ravitaillement-par-air

Site web blog-unp.thionville
Article Unités de Livraison par Air-GLA-RLA. Un peu d'histoire

Blog wariors057
Article Compagnie étrangère de ravitaillement par air et son insigne


10/07/1951


Attribution de la Médaille Coloniale avec agrafe "Extrême-Orient" (numéro 313701)


09/1951


Il restait au V.M. la ressource d'essayer, une fois encore, avec des moyens plus amples, la guerre de montagne. Au mois de septembre il rassemblait dans la vallée du Fleuve Rouge sa division 312 et la poussait, le 27, en direction de Nghia-Lo - Son-La. Au nord, un régiment quittant la région de Cha-pa, progressait en direction de Lai-Chau. Nghia-Lo était, pour la division 312, un echec sanglant, où elle perdait plusieurs centaines de tués et de blessés.

cf. Passage surligné par Georges dans le livre :
Soldats de la boue - Glas et Tocsin.
Auteur : Roger Delpey.
ASIN: B00185GBXG.
Page 45

Au terme de la pacification, les Français y avaient établi un chapelet de postes, notamment aux abords de la frontière de Chine. Le nom de certaines de ces garnisons, isolées dans la jungle, est resté dans les mémoires : Cao-Bang, Lao-Kay ou Lai-Chau. En 1951, les troupes de Giap échouent devant Nghia-Lo mais, l'année suivante, leur offensive sur le pays Thaï, puis sur le Laos, balaie tous les petits postes français avant d'être arrêtée devant Na-San et ultérieurement devant le camp retranché de la plaine des Jarres et Luang Prabang.

cf. L'Armée Française en Indochine (1946-1954) : adaptation ou...
Auteur : Maurice Vaïsse, Alain Bizard,Union nationale de l'arme blindée, cavalerie, chars
page 151
L'Armée française dans la guerre d'Indochine (1946-1954)

cf. Carte générale de l'Indochine Française appartenant à Georges
La ville de Lao-Kay fut soulignée par Georges
Les villes Nghia-Lo et Gia Hoi ainsi que tout le secteur autour ont été annoté par Georges


03/10/1951
10/10/1951


Opérations dans la région de Nghia-Lo / Gia-Hoi

26/10/1951

Région de Laï-Dong (Terrain opérationnel : 4C1150)
Thu-Cuc (Terrain opérationnel : 4C1152)
Situé au nord-ouest de Hoa-Binh et à l'est de Ban-Mo

Le 3ème Bataillon Thaï en novembre 1951 livre un combat acharné pour conserver les mamelons de Laï-Dong.

cf. Association Nationale des Anciens et Amis de l'Indochine et du Souvenir Indochinois (A.N.A.I.)
Les combattants indochinois du Corps Expéditionnaire
Les actions d'éclat collectives

page 92 :

Le Viêt-minh fut pris au dépourvu, notamment parce qu'il était persuadé que le C.E.F.E.O. tenterait ce genre d'action à Lang-Son (32).
La rupture de sa principale ligne de communication avec le Thanh Hoa, le raid du bataillon thai 3 dans la région de Laï-Dong,[...]


page 93 :

L'appui fourni au 3e bataillon Thai (B.T. 3) dans la région de Laï-Dong. Thu-Cuc, au nord-ouest de Hoa-Binh, est la plus remarquable réalisation de cette phase défensive. L'action du B.T. 3 du 26 octobre au 04 décembre 1951[...]

page 94 :

L'Armée de l'Air fit savoir haut et clair qu'elle considérait que les opérations du B.T. 3 et le soutien qu'elle y avait apporté avaient obtenu un "résultat remarquable" (56).

page 94 :

[...]constitua un élément essentiel de la manoeuvre de Hoa-Binh. Le B.T. 3 avait entrepris dans la seconde moitié d'octobre la destruction systèmatique des dépôts de riz du Viêt-minh dans le[...]

cf. Revue historique des armées / Ministère des armées., 1995
numéro 198 (1/1995)
L'Armée de l'Air et Hoa Binh (ZERVOUDAKIS Alexander), pages 89-97
Google books
Revue historique des armées

cf. Suivre la piste vert foncé qui par de Son-La vers le sud-est jusqu'à Ban-Mô
puis suivre la piste rose jusqu'à Laï-Dong / Thu-Cuc


09/11/1951


Hat-Los, province de Son-La, (? Hat-Lot), † Adjudant Alcide Jean Ambroise BARBE, 3e bataillon Thaï, Tué à l'ennemi.

??/11/1951

Ban-Mo (District de Van-Chan, Province de Yen-Bai, Vietnam)

Le 3ème Bataillon Thaï [...] défend efficacement Ban-Mo durant toute une nuit, 300 cadavres de bodois étant retrouvés au petit matin dans les barbelés de la position.

cf. Association Nationale des Anciens et Amis de l'Indochine et du Souvenir Indochinois (A.N.A.I.)
Les combattants indochinois du Corps Expéditionnaire
Les actions d'éclat collectives

Le 26 novembre 1951, 552 hommes du 7e Bataillon Parachustistes Colonial (B.P.C.) sautent sur Ban-Mo pour renforcer la position.

cf. HISTORY OF MILITARY OPERATIONAL PARACHUTE JUMPS
années 1951-1962

Lors d'importants assauts du V.M. les mitrailleuses étaient tellement mise à contribution que le canon en devenait rouge !
C'est alors que pour les refroidir ils devaient uriner chacun leur tour sur le canon ! Il n'était alors pas question de ne pas avoir envie !


cf. Anecdote personnelle de Georges.

23/11/1951

Hoa-Binh (Province de Hanoi, Vietnam)

Du 23 novembre 1951 au 31 janvier 1952, s'y déroula une importante bataille où le Corps expéditionnaire réussit à garder le contrôle de la Rivière Noire et de la R.C. 6. Les pertes viêtminh furent lourdes : 3500 tués et 7000 blessés. Peu de temps après, la ville fut évacuée par le Corps expéditionnaire dans le cadre de l'opération "Arc-en-ciel" (Février 1952).

cf. La Terre du Dragon Tome 1
auteur : Xavier Guillaume
La Terre du Dragon Tome 1

cf. Annotation sur la carte
Georges a tracé un petit trait rouge en travers de la route qui mène Hoa-Binh à Cho-Bo.
Ainsi que de nombreux traits au crayon autour de Hoa-Binh.

Opération Hoa-Binh commencé à la fin de 1951 a aidé le Viet Minh au clair la ligne de défense protéger les Français en Ha Noi et le Delta : le Viet Minh aurait plus d'initiative et les troupes françaises dans le delta du fleuve Rouge sont plus vulnérables aux attaques des Viet Minh. Il a été au cours de l'opération Hoa-Binh, à Cun-Pheo - Hoa-Binh, le français a inventé la tactique à organiser des mitrailleuses de coordonner les uns avec les autres dans une bataille contre la principale puissance de feu de l'ennemi. La bataille Cun-Pheo n'a pas apporté la victoire aux troupes françaises, mais il a aidé les Français à se retirer avec un minimum de pertes en vies humaines et, surtout, il a aidé les Français à inventer un nouveau concept militaire: Porc - épic

cf. Site de voyage : acaciavoyage
Nord


25/11/1951


Sai-Dong, canton de Thu-Buc, province de Nghia-Lo, † Lieutenant Alain Marie Anne AYRAULT DE SAINT HENIS, 3e bataillon Thaï, Tué à l'ennemi.


25/11/1951


Lai-Dang, † MDL Georges André Lucien GRANDIDIER, 3e bataillon Thaï, Tué à l'ennemi.


27/11/1951


Sai-Dong, canton de Thu-Buc, province de Nghia-Lo, † Sgt/C Georges Jules Egidio PALAZZI, 3e bataillon Thaï, Tué à l'ennemi.


29/11/1951


Lettre en date du 29/11/1951 de l'un des copains de Georges (signature illisible) stationné à Muong-Lum (District de Yen-Chau, Province de Son-La, Vietnam) :
[...]
Ne crois pas que d'avoir le commandement d'une CLSM et d'un sous-quartier est une bonne affaire, on a tous les emmerdements et aucun avantage, j'étais bien mieux quand il y avait un lieutenant ici
[...]
Je ne prolonge pas cette fois j'en ai marre. Nous sommes six bons blancs à la compagnie mais comme on tient 3 postes ca fait 2 par poste enfin on peu discuter c'est toujours ça. Le coin est tranquille depuis plusieurs mois mais je crois que cela ne durera pas longtemps.
[...]


Tous les deux vivaient la même situation un peu fébrile.


10/12/1951


La bataille de la rivière Noire. Poste de Tu-Vu (Province de Phu-Tho, Vietnam)

Retardé pendant plus de quinze jours en raison d'une audacieuse manoeuvre conduite sur ses arrières par le 3e bataillon Thaï, l'ennemi engageait, le 10 décembre, la bataille de la rivière Noire, combinée avec des actions secondaires sur de nombreux autres points du delta. Il coordonnait une attaque frontale contre nos points d'appui, en particulier contre le poste de Tu-Vu, avec une nouvelle tactique d'infiltration massive sur les arrières ; tactique mise au point par les forces soviétiques pendant le dernier conflit mondial. Mais, encore une fois, le V.M. subissait un échec dont la portée est considérable. Ses assauts se brisaient sur la magnifique résistance de nos bases et les forces ennemies infiltrées derrière notre dispositif, étaient successivement prises à partie, manoeuvrées et bousculées. L'ennemi perdait là les meilleurs éléments de sa division 312. Quant aux actions de diversion -en particulier le coup de main monté dans la région de Phatdiem- elles se heurtaient partout aux réactions de nos unités locales, qui rejetaient l'ennemi au-delà de la ligne de nos postes.

cf. Passage surligné par Georges dans le livre :
Soldats de la boue - Glas et Tocsin.
Auteur : Roger Delpey.
ASIN: B00185GBXG.
Page 47



Référence à un couplet de la chanson du Nord-Ouest écrite par Georges :

Pas besoin d'aller au cinéma
Voir les aventures de Birmanie
Faites donc la piste de Ban-Hoa à Jen-Minh-Xa
Vous aurez tout de suite compris


En cherchant sur la carte de Georges, nous trouvons la piste suivante, à l'est du fleuve rouge :


  • Phu-Luong (District de Tuyen-Quang, Vietnam)
  • Thai-Nguyen (District de Tuyen-Quang, Vietnam)
  • Ban-Hoa (District de Tuyen- Quang, Vietnam)
  • Yen-Binh-Xa (Province de Ha Giang, Vietnam)
  • Bac-Quang (Bac-Quang, Province de Ha-Giang, Vietnam)


La piste de Ban-Hoa à Jen-Minh-Xa


Réf. carte de l'Indochine appartenant à Georges
Piste en bleu foncé


Georges a tracé cette piste au crayon de couleur rouge scindée en deux parties par trois gros points. Cette piste est longue de 150 km.
Ban-Hoa est très proche du poste de Phu-Yen (terrain opérationnel : 4C1149).


A savoir dans quel réel sens a-t-il réellement parcouru cette piste ? Et à quelle date ?




Dernière édition par SixOfOne le Mer 24 Oct - 9:27, édité 14 fois

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Re: Le parcours d'un marsouin du 3e bataillon thaï

Message  SixOfOne le Mar 9 Oct - 13:20

TONKIN - BT3 - ANNEE 1952



Après l'entrée en clinique du général de LATTRE (qui décédera le 1952), le commandement est assumé par janvier SALAN qui doit alors contenir au Tonkin, entre le delta et la rivière Noire, une série de violentes offensives dirigées sur Hoa-Binh.
Il est obligé de faire intervenir dans ce secteur les troupes françaises du delta laissant dans bien des endroits la défense de celui-ci aux troupes loyalistes vietnamiennes.

Si en janvier, l'occupation de Hoa-Binh peut être maintenue, il apparaît que la conservation de ce point est onéreuse et n'empêche nullement la circulation du Vietminh. Ce point est donc évacué entre le 22 et le 25 février.

De mars à septembre, les troupes franco vietnamiennes se contentent d'un nettoyage sérieux du delta tonkinois, les troupes vietminh s'y accrochant durement.


cf. Site internet : Le poste des choufs
La guerre d'Indochine

Bataille de la Route Coloniale N°6

En janvier 1952, commença la bataille de la RC6 dont un des points forts fut les assauts massifs contre les positions tenues par la Légion à Xom-Pheo.

En une semaine, les bodoï laissèrent plus de 1000 morts dont au moins 800 sur le pourtour du poste même.
Ils parvinrent pourtant à isoler un moment Hoa-Binh en coupant son accès terrestre et en interdisant la navigation sur la Rivière noire ; de nombreux postes durent être ravitailles par parachutages. Le Commandement décida alors de forcer le passage.

L'opération Speculum (très violents combats au col de Kem) réouvrit la RC6 après trois semaines de durs affrontements. La supériorité de l'artillerie et de l'aviation française avait fait ses preuves et il était évident à beaucoup qu'une troupe bien retranchée et bien appuyée tenait ses positions même devant la technique des vagues humaines. La deuxième phase de la bataille était terminée.

Selon le général Salan, l'offensive sur Hoa-Binh avait atteint ses principaux objectifs : détourner le corps de bataille vietminh du Delta, affaiblir singulièrement ce dernier mais elle avait l'inconvénient de fixer une grande partie du potentiel des TFEO alors que, dans le Delta, le pourrissement politico-militaire et les infiltrations d'éléments réguliers se dévoilaient sur une grande échelle.

Aussi, en février, décida-t-on l'évacuation du dispositif ; ce qui fut fait habilement en dépit de la menace de l'adversaire et pratiquement à sa barbe.

Au total, le Vietet pratiquement à sa barbe.
Au total, le Viet Minh avait perdu 10 000 de ses meilleurs hommes.


cf. Association des Anciens Combattants et Soldats Français de Québec
Association fondée en 1921
Affiliée à l'Union Nationale des Combattants
Indochine 1952


11/01/1952


Georges est de passage au poste de Co-Noi. Photo, mise en berne du drapeau à l'occasion de la mort du Général De Lattre De Tassigny.

Ils recoivent du ravitaillement par parachutage (nombreuses photo)


Co-Noi, photo, mise en berne du drapeau à l'occasion de la mort du Général De Lattre De Tassigny.




14/01/1952


Ta-Khoa, rivière noire. (nombreuses photo)

Georges écrit la chanson du Nord-Ouest relatant la vie des frères d'arme du 3e Bataillon Thaï.

cf. chanson du Nord-Ouest


Ta-Khoa sur la rivière Noire, dans le mirador de la tour de guet, posant autour de leur vieille mitrailleuse Hotchkiss, Georges est au centre du groupe qui est en charge de ce poste


Une vue intérieure du poste de Ta-Khoa


Une vue extérieure du poste de Ta-Khoa, en contrebas nous apercevons la rivière Noire


Une vue plongeante du poste de Ta-Khoa en direction de la rivière Noire.



02/1952


Poste de Co-Noi


Protection des villageois qui travaillent


Devant l'entrée de l'un des bunker sur les hauteurs de la piste d'aviation. Georges est assis sur le mur à droite.


Parachutage de vivres, carburant et matériels. A l'arrière plan, sur le piton, nous apercevons l'un des bunker de protection de la piste d'aviation.



08/03/1952


Georges se dirige sur la Base Opérationnelle du Tonkin (B.O.T.K.) de la Zone Opérationnelle du Tonkin (Z.O.T.) située à Haïphong


Hanoi, Georges assiste à une revue militaire


Hanoi, en attendant leur prochain rapatriement, les deux copains (Georges est à droite) immortalisent le fait qu'ils sont sorti de 27 mois de guerre dans le Haut Tonkin.


18/03/1952

Anniversaire : Georges fête ses 24 ans


21/03/1952


Georges est rapatrié sur le navire hôpital ss André Lebon (mm1915) affrété par les Messageries Maritimes à destination de Marseille


02/05/1954


Deux ans après que Georges ait quitté l'Indochine, le 2 mai 1954, au cours de la terrible bataille de Dien Bien Phu la citadelle de Son-La située sur la R.P. 41. fut détruite...

lire:


Dès l’aube, le dimanche 2 mai à 5 h 45, quatre B-26 du Tunisie s’envolent de Cat-Bi au profit de Torri Rouge. Martini Bleu du capitaine Depardon avec, pour équipiers, le lieutenant de vaisseau Beau, l’enseigne de vaisseau Joubert et le lieutenant Béglia, reçoivent l’ordre de lâcher leurs bombes de 500 livres dans un triangle dont les extrémités sont constituées par Huguette 7, 1 et 5. Trois quarts d’heure après, Cinzano Gris (commandant Emery et sous-lieutenant Da Silva) ébranlent Dominique 1 avec huit bombes de 1 000 livres.

Après les rudes combats de la nuit, les soldats français ont besoin d’être ravitaillés en munitions. À 12 h 04, le capitaine Uhrig décolle de Cat-Bi aux commandes du C-119 N° 562. Il est le onzième et le dernier à s’envoler pour une mission de parachutage au profit du camp retranché avec un chargement de six tonnes de munitions toutes amorcées pour un emploi en urgence. A l’origine, Roger Uhrig n’est pas pilote de transport. En 1953, alors qu’il goûtait aux joies des avions à réaction Mistral et Ouragan à Mont-de-Marsan, il a été envoyé en stage sur C-119 en Allemagne d’où il est sorti avec la note B+. En juillet, il a rejoint l’Indochine et été affecté au Béarn. Alors qu’il opérait depuis Gia-Lam sur C-47, il a été rappelé d’urgence à Cat-Bi.

Dans la cuvette, les B-26 et les Corsair de la 14 F s’emploient à faire taire la D.C.A. Néanmoins, sur la D.Z. centrale, Uhrig est touché par un obus de 37 mm malgré ses évasives brutales au milieu des flocons noirs qui fleurissent à bonne altitude (8 000 pieds imposés au briefing). Le projectile a fait un trou de 2 m2 dans le cargo, derrière le poste de pilotage, la flamme ayant léché la figure des largueurs qui ont laissé partir le chargement. Uhrig coupe son moteur gauche par crainte du feu. Ayant entendu à la radio qu’il avait été sonné, le lieutenant Bertin se rapproche de lui et l’accompagne, à vitesse réduite, jusqu’à Hanoi où il se pose sur le terrain de Gia-Lam.



Durant l'après-midi [du 02 mai 1954], huit autres C-119 ravitaillent la garnison sous La protection des B-26. Au préalable, quatre d'entre eux, emmenés par le capitaine Beaumont, ont largué trente-huit projectiles de 250 livres sur la citadelle de Son-La située sur la R.P. 41.


lire:


Durant la nuit du 2 au 3 mai, le lieutenant Escaney s’envole de nouveau pour attaquer des camions qui circulent tous phares allumés sur plusieurs kilomètres dans le secteur de Na San, et qui se dirigent vers Diên Biên Phu. Les parachutages de personnels se poursuivent. Le Dakota Négro-Kilo piloté par le capitaine Cinquin du Sénégal, fait trois passages de quelques secondes, à cent vingt mètres du sol, pour larguer dix-sept volontaires. Puis, en rase-mottes, il va survoler Isabelle afin de dropper un colis pour le P.C. Cette navigation, à basse altitude dans une nuit noire et profonde trouée par des centaines de lueurs au milieu des collines a quelque chose de palpitant, malgré la tension nerveuse. La satisfaction d’avoir réussi la mission dans de telles conditions éclipse l’angoisse des minutes écoulées.



cf. Renaud, 2003. Aviateurs en Indochine. Diên Biên Phu. pp. 281-2
cf. Page facebook Dien Bien Phu



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Re: Le parcours d'un marsouin du 3e bataillon thaï

Message  SixOfOne le Mar 9 Oct - 14:07

NOTES

Afin de compléter la chronologie du parcours de Georges en Indochine, je puise dans la base de données des Morts pour la France tenue par le site
memorial-genweb.
Le lieu et la date de décès des compagnons d'armes de Georges me donne une idée des lieux et dates où pourrait éventuellement se trouver mon père.
De plus, j'estime légitime de rendre hommage à ces hommes en les incluant dans l'hommage que je consacre à mon père.



Voici la chronologie des événements. Chronologie dont certains événements sont positionnés, dans le temps, par déduction. Par contre le nom des villes est exact puisque son notés par Georges au dos des photo ou bien sur les albums photo. Par ailleurs, j'ai effectué des recherches sur différents sites de géographie pour confirmer ou corriger l'orthographe (parfois approximative) de ces noms de villes notés par mon père.

Maintenant, le travail qui me prend du temps consiste à positionner toutes les anecdotes qu'il nous a livré au cours de notre jeunesse...

Voici quelque unes des anecdotes à classer pour la période indochinoise :

  1. Pour être exact, je ne me souviens que du début de la bataille : Georges était en tête de la colonne (sa section ? plusieurs sections ? à une période il a eu 2000 hommes sous ses ordres faute d'officier présent) à remonter le lit d'une rivière, c'est alors que le V.M. a engagé la colonne à partir des hauteurs. Georges a fait manoeuvrer la colonne pour la mettre à l’abri, voir d'où venaient les tirs et assurer une contre offensive. Mais très rapidement, ils ont été submergé et ont du effectuer un replis. Je ne me souviens pas de tous les détails des autres événements d'autant que mon père revivait toutes ces émotions lorsqu'il nous racontait ces anecdotes... En revanche il était très précis sur la fin de la mésaventure, ils n'étaient plus que 20 a se battre au corps à corps pour défendre leur vie pendant plusieurs jours alors qu'au départ ils étaient à plus de 2000 hommes. Cela doit pouvoir se trouver quelque part dans les archives de l'Armée... Suite à nos échanges dans le message précédent, il apparaît qu'il pourrait peut-être être question d'une colonne de réfugiés civils.

  2. Son poste attaqué par le V.M.
    Lors de la construction du poste il avait fait piéger tous les blockhaus et tranchées par des explosifs. Après plusieurs jours de combats le VM a envahi le poste, Georges a donné l'ordre aux survivants de se réfugier dans le blockhaus principal et de faire sauter l'entrée. Ils ont fait les morts. Les soldats du V.M. ont commencé à faire la fête pour saluer leur victoire. Georges a attendu que les soldats se détendent... C'est à ce moment là qu'il a donné l'ordre de déclencher les explosifs repartis dans tout le poste... Une fois le déluge de feu passé, ils sont sorti et ont eu la vie sauve.

  3. En Indochine, Georges retrouve les bonnes vieilles mitraillettes STEN qu'il avait connu lorsqu'il faisait partie du maquis en France.
    Les premiers Pistolets mitrailleurs neufs (MAT 49) que mon père a eu entre ses mains sont prises à l'ennemi après un accrochage. Certains de ses thaï sont équipés de mousquetons de fabrication locale. Globalement, ils s'équipent avec tout ce qu'ils trouvent au hasard de leurs prises de guerre.
    En ce qui concerne l'armement collectif, cela n'est pas mieux, ils utilisent de vieilles mitrailleuses Vickers à refroidissement liquide !
    Par ailleurs, étant donné qu'ils sont régulièrement en manque de munitions, il leur arrive de devoir bricoler les armes pour les adapter aux calibres de munitions qu'il leur reste.

  4. Dans les postes reculés de tout, le ravitaillement arrive en très petite quantité ou très peu souvent voire même pas du tout lorsqu'il est intercepté par le V.M. A titre d'exemple, pour conserver leurs trellis en état, ils les rapiécent avec des morceaux de soie qu'ils découpent dans les parachutes ayant servi aux largages de matériels. Ainsi, mon père nous racontait qu'il lui a arrivé d'avoir son trellis bariolé de pièces de soie blanche, bleu ou encore rouge.

  5. Etant un très bon tireur (j'ai lu ses carnets de tir), pendant un temps, Georges utilise des lunettes à infrarouge pour effectuer des tirs de précision de nuit. Il nous racontait que la prise en main du fusil n'était pas aisé puisque la lampe à infrarouge était énorme et influencait l'équilibre lattéral de l'arme, mais on s'y fait rapidement !

  6. En opération, loin de tout, parfois écerclés par le V.M., ils attrapent et mangent des rats et autres rongeurs qui leur tombent sous la main.

  7. Lors des opérations commando, il utilisait toujours sa Thompson alimentée par des chargeurs camembert pour avoir de la ressource lorsqu'il fallait arroser (son expression).
    Pour l'anecdote, lorsque nous étions jeunes et regardions le feuilleton Les incorruptibles avec Robert Stack, mon père nous faisait toujours la remarque qu'il utilisait les mêmes Thompson que l'on voyait à l'écran.

  8. Sauts sur les nids viets : il disait toujours qu'il a sauté sur les viets avec Bigeard... Il disait qu'ils étaient appelés à sauter chaque fois qu'il fallait sortir des gars d'une situation grave... Il a effectué son premier saut opérationnel sans avoir été breveté, d'un jour à l'autre on leur a dit qu'il fallait sauter ! Ce n'est que plus tard qu'il a commencé le stage para mais le jour du dernier saut pour être breveté ils ont dû partir en opération et du coup pas de brevet... Information à vérifier ou a éclaircir. Il a sauté de Dakota et Nord 2501 Nordatlas, mais après recherche je pense que les sauts de Nordatlas devaient plutôt se passer en Algérie puisque cet appareil n'était pas encore en service au cours des années 1950/1951 et 1952 en Indochine.
    Découverte à approndir : février 1950, opération S.A.N.O. (des indices me font penser que Georges y participe) destinée à sauver le poste de Pho-Lu. Le 3e B.C.C.P. est envoyé à 20 Km pour venir secourir le poste...

    Voici l'insigne que mon père portait sur son uniforme blanc (de sortie) alors qu'il était en poste à Bamako (Soudan français) de 1954 à 1956

    Sur le site Chasseur de mémoire j'ai posté cette image pour obtenir des informations complémentaires. Personne n'a définitivement tranché quant à savoir s'il s'agit ou non d'un insigne para (probablement non officiel), l'une des personnes qui m'a répondu m'a donné une référence d'une breloque réalisée à partir de cet insigne... La question reste entière.

  9. En opération, il a sauvé la vie de l'un de ces copains. Tous descendaient une falaise en rappel. Mon père arrivé en bas apprend que son grand copain vient de se faire toucher. Ni une ni deux, il lâche son sac à dos et remonte la falaise, arrivé en haut il découvre son pote gisant sur le sol, la tête ouverte en deux par le sommet du crane, il referme la tête avec sa ceinture et prend sur son dos le blessé et le fait descendre la falaise sur son dos. Pour information, il faut savoir que mon père mesurait 1,62m et pesait 50 kilos (à l'époque) alors que son pote mesurait 1,80 pour 100 Kilos... Cet ami lui a écrit tous les ans pendant notre jeunesse.

  10. A une période, il a été recruté par le 2e bureau pour faire du renseignement. Photographe amateur éclairé, il possédait son propre matériel photo avec télé-objectifs. Seul, en opération sur la frontière de Chine pour faire du renseignement sur les voies de ravitaillement et camps d'entrainement du V.M. il a failli se faire capturer, il ne sait pas encore comment il a pu s'en sortir, il est rentré tout seul à pieds jusqu'au poste le plus proche. Après cette mésaventure il a décidé d'arrêter ces missions de renseignement. Sur l'une des cartes de mon père, j'ai découvert qu'il a entouré trois lieux sur la frontière de Chine (nord-est du Tonkin) : Lang-Mat, Co-Phay et Soc-Ciang. Nous avons une photo d'un village sur la frontière de Chine annotée de la main de mon père.

    La seule photo d'un village sur la frontière de Chine... Il faudrait être natif du coin pour le reconnaître !

    Commentaire de la photo rédigé de la main de mon père...


  11. Il a été blessé par un éclat d'obus. Eclat qu'il a conservé jusqu'à son dernier jour : inopérable puisque trop près de la colonne vertébrale. Lieu ? Date ?

  12. Il a également été à Tourane en Annam. D'après mes recherches Tourane était un grand aérodrome militaire. Est-ce là que l'on organisait des stages para ?

SixOfOne

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Re: Le parcours d'un marsouin du 3e bataillon thaï

Message  SixOfOne le Mar 9 Oct - 14:09

Juste avant de quitter l'Indochine, une jeune vietnamienne a brodé le nom des villes qui ont marquées le séjour de mon père en Indochine sur une pièce de tissu aux couleurs du 3e Bataillon thaï :

  • Son-La

  • Yen-Chau (Yen-Chau, Province de Son-La, Vietnam) (terrain opérationnel : 4C1152)

  • Moc-Chau (Province de Son-La, Vietnam) (terrain opérationnel : 4C1151)

  • Phu-Yen, mais lequel est-ce de ces deux Phu-Yen :

    • tt. Phu-Yen (District de Bao-Thang, Province de Lao-Cai, Vietnam)
    • Phu-Yen qui se trouve à l'ouest de Tuyen Quang / Ban-Hoa (Tuyen-Quang, Vietnam)


  • Than-Uyen (Province de Lai-Chau, Vietnam) (terrain opérationnel : 4C1152 / avia : 4C1233)

  • Lai-Dong (District de Tan-Son, Province de Phu-To, Vietnam) (terrain opérationnel : 4C1150)


D'autres lieux par lesquels il est passé au Tonkin :


  • Toute la région de Son-La : Mai-Son, Muong-Bû, Ban-Hit-Dog, Chieng-Dong, Yen-Chau, Muong-Hung

  • Dien-Bien-Phu (Province de Dien-Bien, Vietnam)

  • Tuan-Giao (Province de Dien-Bien, Vietnam)

  • Toute la région de Nghia-Lo, combats à côté de Nghia-Lo, entre Ban-Khai et Ban-Sapiet

  • Co-Noi / Moc-Chau

  • Tu-Lé, combats

  • Khau-Pha, combats

  • Van-Yên, combats

  • Hoa-Binh (Province de Hanoi, Vietnam) / Ky-Son, combats


  • La piste qui part vers le nord-est de Son-La :

    • Muong-Bû (Province de Son La, Vietnam)
    • Muong-Chum (Province de Son La, Vietnam)
    • Muong-Khieng (District de Thuon-Chau, Province de Son-La, Vietnam)
    • It-Ong (Canton de Muong-Traï, District de Muong-La, Vietnam)
    • Muong-Traï (District Muong-La, Province de Son La, Vietnam)
    • Ban-Po (Canton de Muong-Trai, Vietnam)
    • Muong-Chien (Ngọc-Chien, Province de Yen-Bai, Vietnam)



    Réf. carte de l'Indochine appartenant à Georges
    Les pistes est vert foncé et jaune



  • La piste au sud-est de Son-La :

    • Son-La,
    • Chieng-Dong (Province de Son La, Vietnam),
    • Ta-Khoa (District de Bac-Yen, Province de Son La, Vietnam),
    • Phieng-Ban (Province de Son La, Vietnam),
    • Ban-Mo (District de Van-Chan, Province de Yen-Bai, Vietnam)



    Réf. carte de l'Indochine appartenant à Georges
    La piste Phieng-Ban / Ban-Mo est en vert foncé



  • La piste au sud de Son-La :

    • Ban-Chi (Province de Son-La, Vietnam)
    • Ban-Huoi-Chuoc (Province de Yen-Chau, Vietnam)
    • Muang-Het (Houaphan, Laos), située à 30 Km au nord de Sam-Neua


    Piste bleu clair au sud de Son-La


  • La piste à l'est du fleuve Rouge :

    • Phu-Luong (District de Tuyen-Quang, Vietnam)
    • Thai-Nguyen (District de Tuyen-Quang, Vietnam)
    • Ban-Hoa (District de Tuyen-Quang, Vietnam)
    • Yen-Binh-Xa (Province de Ha-Giang, Vietnam)
    • Bac-Quang (Province de Ha-Giang, Vietnam)



    Réf. carte de l'Indochine appartenant à Georges
    Piste en bleu foncé




et Tourane (Dong-Da, Da-Nang, Vietnam)

Création des Bases Aéroportées.

Dans le cadre de la réorganisation des Troupes aéroportées en Indochine, confiée dès 1948 au Colonel CHAVATTE, commandant les Troupes Aéroportées d'Indochine (TAPI), il est proposé un dispositif permettant à partir de deux bases principales, l'une au Nord à Hanoï, l'autre au Sud, à Saïgon et d'une base annexe au centre, à Tourane, d'assurer avec plus de souplesse, de rapidité et d'efficacité l'engagement et le soutien des unités parachutistes de réserve générale, sur tout te territoire.

Ces propositions, approuvées par le commandement, aboutissent à la création, respectivement les 1er janvier et 1er février 1949 de la Base Aéroportée Sud (B.A.P.S.) à Saïgon et de la Base Aéroportée Nord (B.A.P.N.) à Hanoï.
[...]
En outre sont rattachés : à la Base Aéroportée Sud (B.A.P.S.) le détachement de Tourane (Annam) et une compagnie de garde et d'instruction.


Les Bases Aéroportées en Indochine


Pour information complémentaire, sur le site Chasseurs de mémoire vous pourrez voir l'un de ces tissus de soie original aux armoiries du 3e bataillon thaï.

Voilà, maintenant, en terme de données brutes, vous en savez autant que moi sur le parcours de mon père en Indochine et plus particulièrement au Tonkin !

Références bibliographiques au sujet du 3e bataillon thaï :

  • Lieutenant au Pays Thaï
    de Alexandre Le Merre
    Indochine 1950-1954
    Mémoires
    Paru en 2008 chez Indo Editions
    amazon.fr

  • Les Bataillons thaïs en Indochine (1946-1954)
    de Michel David & Louis-Marie Regnier
    monumentindochine
    forum vietnam


N'hésitez pas à me faire part d'autres livres traitement du sujets des bataillons thaï ! Je suis preneur de toute source d'information sur le sujet ! Merci par avance !

Merci à tous, j'espère que la lecture fut instructive et agréable !


Dernière édition par SixOfOne le Mer 24 Oct - 9:50, édité 4 fois

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Re: Le parcours d'un marsouin du 3e bataillon thaï

Message  Lirelou le Mer 10 Oct - 6:50

Bonjour.

Quel boulot !
Bravo.

Lirelou

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Re: Le parcours d'un marsouin du 3e bataillon thaï

Message  etienne1979 le Ven 12 Oct - 21:22

Superbe travail

quelle chance d'avoir autant de photos

bon courage pour la suite

etienne1979

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Re: Le parcours d'un marsouin du 3e bataillon thaï

Message  1er para lao le Lun 15 Oct - 15:36

excellent, merci pour le partage

tiens bon la barre, et je sais que tu vas avancer

en deux mots, patience et chance

1er para lao

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Re: Le parcours d'un marsouin du 3e bataillon thaï

Message  SixOfOne le Mer 17 Oct - 13:20

Bonjour à tous,

Voici ma dernière mise à jour de la journée et pour un bon moment.

Je pense que pour aller au delà du point actuel, il me faut consulter les JMO du 3e Bataillon Thaï au Château de Vincennes. J'ai procédé à un pré-enregistrement et ai reçu mon numéro de lecteur, en vue d'un prochain voyage en région parisienne. Malheureusement, en consultant les numéro des séries et sous-séries consultables j'ai découvert que les sous-séries 4U à 7U sont indisponibles jusqu'à une date inconnue... D'un autre côté, je ne sais pas si la côte GR 7 U 2951 fait bien partie (ou non) des sous-séries 7U... Je vais me renseigner...

Bon journée à toutes et à tous,
Philippe

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Re: Le parcours d'un marsouin du 3e bataillon thaï

Message  SixOfOne le Mar 23 Oct - 21:50

Bonsoir à tous,

Belle journée que fut celle d'aujourd'hui, j'ai amorcé deux réponses à des questions quant à des opérations auxquelles mon père "aurai" pu participer :


  • Février 1951 : opération à Muong-Het (Muang-Et) au Laos, parachutage de la 1ere C.C.P.L. en renfort. (cf. La 1ere C.C.P.L.)

  • Mai 1951 : présence du 1er et du 3e Bataillon Thaï à Than-Uyen ! Totalement par hasard j'ai découvert un document relatif à la Compagnie Etrangère de Ravitaillement par Air qui a largué du ravitaillement pour ces deux bataillons.


J'ai mis à jour mon travail ci-dessus. Moi qui pensait ne plus rien trouver de neuf...

SixOfOne

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Re: Le parcours d'un marsouin du 3e bataillon thaï

Message  paady le Mar 23 Oct - 23:38

Bonjour SixOfOne

Je constate que vos recherches avancent vite. j'aimerai pouvoir en dire autant...


Mai 1951 : présence du 1er et du 3e Bataillon Thaï à Than-Uyen ! Totalement par hasard j'ai découvert un document relatif à la Compagnie Etrangère de Ravitaillement par Air qui a largué du ravitaillement pour ces deux bataillons.

Pourriez vous me donner des précisions quant au document faisant état de la présence du 1er BT à Than Uyen en mai 1951 ?

Bien cordialement

paady

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Re: Le parcours d'un marsouin du 3e bataillon thaï

Message  SixOfOne le Mer 24 Oct - 8:28

Bonjour Paddy,

[EDIT : suite à de nouvelles découvertes sur le sujet, je viens de mettre à jour les liens dans mon document continuellement mis à jour]

J'ai déjà mis les liens dans mon document ci-dessus, il suffit de chercher "mai 1951" ou "Than-Uyen" sur la page.

Néanmoins, je rappelle les liens ici :


  • cera-compagnie-etrangere-de-ravitaillement-par-air
  • Unités de Livraison par Air-GLA-RLA. Un peu d'histoire
  • Compagnie étrangère de ravitaillement par air et son insigne


Sur un moteur de recherche, en cherchant avec la mauvaise orthographe de Than Uyen : Thyan Vyen, on ne trouve que 5 liens. En les lisant tous, je constate qu'il viennent tous d'une seule source. Par ailleurs, cela nous indique également que la ville de Thyan Vyen n'existe pas puisque aucun lien vers un site géographique ou de voyage ne sort.

Je vais approfondir mes recherches sur le sujet. Mais d'ores et déjà, une hypothèse de travail m'est venue à l'esprit, il est peut-être bien possible que ce qui est arrivé à Than-Uyen en mai 1951 fut la fameuse opération "Marguerite" que mon père a situé le 20/05/1951 (j'ai placé la photo ci-dessus)

On se tient au courant de nos trouvailles, bonne journée,
Philippe

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Re: Le parcours d'un marsouin du 3e bataillon thaï

Message  1er para lao le Mer 24 Oct - 16:12

j'ai lu que ton père se trouvait aux alentour ou à Sam Neua, en février 1950.

il y eu une OP nommée l’opération « Espoir » qui débuta le 23 décembre 1949

"Début novembre 1949, le vietminh déclenche « le Loï », sa première opération de grande envergure, s’étendant sur 400 kms de Thanh Hoa (au Sud d’Hanoï sur la côte) à la Haute Région. Plusieurs postes de la région de Sam Neua tombent.
Le 16 décembre, 112 hommes de la 1ère C.C.P.L. sautent sur Sam Neua, en renfort du poste. Ils seront rejoints le 23 décembre par 120 hommes du G.C.1 (capitaine Picherit) du 5e B.C.C.P. (chef de bataillon Romain-Desfosse) et ainsi, débute l’opération « Espoir » qui se terminera en mars 1950".

peut être que le 3e BT a participé à cette opération ?

1er para lao

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Re: Le parcours d'un marsouin du 3e bataillon thaï

Message  1er para lao le Mer 24 Oct - 16:42

il y a ça:

http://vi.wikipedia.org/wiki/Than_Uy%C3%AAn


1er para lao

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Re: Le parcours d'un marsouin du 3e bataillon thaï

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